Union africaine : Un pas de plus vers la libre circulation des personnes

Le passeport africain bientôt lancé en février lors de la session ordinaire de la Conférence des chefs d’État à Addis Abeba. 

Le passeport panafricain sort progressivement des discours

L’Union africaine (UA) se prépare à donner plus de contenu à son projet de libre circulation des personnes. Près de trois ans après le lancement du passeport unique africain, les négociations sur les éléments constitutifs dudit document se sont poursuivies. Afin d’accélérer le processus de mise en place de ce document unique, l’organisation continentale a annoncé son intention de dévoiler un prototype pour ce document de voyage, en février prochain, en marge du 32e sommet des chefs d’États et de gouvernements de l’UA qui se déroulera à Addis Abeba. Selon le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, les détails de la conception, de la production et de la diffusion du passeport unique africain seront présentés lors de ce sommet.

Adhésion
Le défi majeur reste celui de l’adhésion des États. Aujourd’hui, ils sont moins de 10 à avoir ratifié le protocole au traité instituant la Communauté économique africaine relatif à la libre circulation des personnes, au droit de séjour et au droit d’établissement. Or, pour l’entrée en vigueur du protocole de libre-circulation des personnes, il faudra réunir un total de 15 ratifications. C’est cet instrument qui donne des effets au passeport africain et encadre la libre circulation.

Le Rwanda a ratifié tous les documents établissant le passeport unique africain. D’ailleurs, le président rwandais, Paul Kagame, a été le premier président africain à voyager muni de ce document, établi au nom de sa personne. Les autorités rwandaises ont clairement annoncé être prêtes à commencer à délivrer ce passeport. Ledit document sera progressivement délivré aux chefs d’État, ministres des Affaires étrangères, diplomates, avant d’être généralisé au fur et à mesure. Chaque pays le délivrera à ses ressortissants selon ses conditions.

Format
En vertu des directives de l’UA pour la conception, la production et la délivrance du passeport africain, les États vont délivrer des passeports physiques et électroniques à construction biométrique. Le livret de passeport sera muni d’une puce électronique intégrée à un microprocesseur contenant des informations biométriques et autres informations pouvant être utilisées pour authentifier le document et l’identité du détenteur du passeport en tant que propriétaire légitime du document.

La validité sera de 10 ans pour les adultes et 5 ans pour les enfants. Il n’y a pas de configuration uniforme. Sous l’appui technique de la Commission de l’UA, les États délivreront trois catégories de passeports (diplomatique, service ou officiel et ordinaire) conformément aux lois et règlements nationaux. Le passeport diplomatique sera de couleur rouge, celui de service bleu et l’ordinaire sera vert.

La présentation se fera comme suit : Union africaine, nom du pays, armoiries du pays, catégorie du passeport et symbole de la puce à la première de couverture. La deuxième de couverture portera l’emblème de l’Union africaine. La troisième de couverture sera laissée vierge tandis que la quatrième portera des informations d’urgence. La présentation des pages d’intérieur varie d’un pays à l’autre afin de refléter le contexte culturel national en fonction des lois et règlements nationaux. Les inscriptions sur la page de couverture devront l’être dans deux langues officielles, dont l’une de l’UA (arabe, anglais, français, portugais et swahili). Cependant, les États membres peuvent ajouter toute autre langue nationale sur la base des lois et réglementations et pratiques nationales, en tenant compte des exigences linguistiques de l’OACI. Le Passeport africain contiendra entre 32 et 64 pages.

 

Zacharie Roger Mbarga

Célébration

Le numérique au cœur de la Journée panafricaine de la poste

La poste africaine entend opérer sa transformation en tirant profit des technologies de l’information et de la communication en essor sur le continent.

 

L’Afrique tout entière a célébré, le 18 janvier 2019, la Journée panafricaine de la poste. Elle marque le 39e anniversaire de la naissance de L’Union panafricaine des postes (UPAP). « Ensemble, diversifions notre offre grâce au numérique » tel est le thème de cette édition. Il marque la volonté de la poste africaine de renaître de ses cendres. En Afrique, elle est tiraillée entre la réalisation de ses obligations de service universel, et handicapée par le tarissement des sources de financement étatiques, l’émergence d’une concurrence variée et impitoyable, exacerbée par une régulation inappropriée, voire inexistante. En quête de survie, l’infrastructure postale mise sur l’adaptation à son environnement largement dominé par les prouesses du numérique.

Ressources
La poste africaine veut investir son potentiel d’offre tridimensionnelle. Voilà pourquoi elle entend diversifier ses offres. Cette diversification suppose une offre de produits et services innovants et variés, de bonne qualité, attractifs, à des prix abordables. Les bureaux de poste sont désormais des plateformes de commerces qui hébergent les produits des commerçants. « À travers le développement du commerce électronique, la technologie numérique offre désormais au secteur postal plusieurs opportunités pour reprendre le leadership dans ce domaine. On peut notamment citer la modernisation des formalités douanières à travers la mise en œuvre du système de déclaration en douane (SDD) et la facilitation des transactions financières sécurisées, grâce aux solutions développées par le Centre de technologie postale de l’Upap », indique Younous Djibrine, le secrétaire général de l’Upap dans son message à l’occasion de cette édition de la journée panafricaine des postes.

La diversification des produits grâce au numérique a d’autres préalables. L’un des plus incontournables est l’existence d’une infrastructure numérique stable, disponible et performante. L’autre support de la diversification est la ressource humaine. Younous Djibrine affirme qu’elle doit être « multidisciplinaire, bien formée, compétente et profondément motivée. En effet, avec l’avènement de la convergence, le secteur postal doit disposer en son sein de plusieurs métiers ».

 

Zacharie Roger Mbarga

Réforme de l’UA

Thabo Mbeki tacle Paul Kagame

L’ancien président sud-africain fustige la tournure technocratique que l’organisation panafricaine prendrait à travers les réformes conduite par le président rwandais.

 

Dans son propos liminaire à la dernière assemblée générale du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), Thabo Mbecki a déclaré que « les réformes de l’Union africaine proposées par le président du Rwanda, Paul Kagame, constituaient un pas dans la mauvaise direction ».

À Dakar en fin décembre, l’actuel chef du groupe de haut niveau de l’UA sur les flux financiers illicites a estimé que cette orientation n’est pas celle dont l’Afrique a le plus besoin. Pour sa part, il faut une organisation susceptible de porter le bagage idéologique de l’Afrique. Et cette institution devrait assurer une protection politique du continent dans le monde entier. Son sentiment est encore plus motivé par le volet politique de la réforme de l’UA. Il y a une fusion entamée du département des affaires politiques et celui de la paix et de la sécurité (PSD). Or, le département PSD est majoritairement financé par des partenaires extérieurs. C’est la principale cible des donateurs. Ne faudrait-il pas entrevoir une prise de contrôle de l’UA voire une élimination de son rôle ?

Évidence
Le propos de Thabo Mbeki est un prolongement des perceptions de plusieurs diplomates de l’Afrique australe. Les négociations de la réforme de l’UA ont très bien démontré un clash de technocratie, de démocratie et de souverainisme.
Sur les craintes de l’ex-président sud-africain, ne faut-il pas simplement lui opposer que la disparition de l’UA peut être évitée si l’organisation fonctionne de manière optimale ? On peut, notamment, constituer un panier de devises au sein de cette institution, et procéder à la transposition et l’application des traités, chartes, conventions et protocoles additionnels. Pour cela, il faut que les États paient leurs cotisations annuelles.

 

Zacharie Roger Mbarga

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