Climatosceptiques, grosse épine dans la chaussure des Cop

La problématique du changement climatique met aux prises deux tendances idéologiques diamétralement opposées: les climato-convaincus et les climatosceptiques. Les premiers sont persuadés que l’action de l’Homme a un impact sur le dérèglement du climat alors que les seconds, capitalistes pour la plupart, défendent le contraire.

À l’issue de la Cop 21, tenue à Paris fin 2015, on croyait les climatosceptiques vaincus que non ! L’arrivée au pouvoir de certaines personnalités leur a donné un nouveau souffle de vie. Avec l’installation de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis, deuxième plus grand pollueur de la planète, sont sortis de l’accord sur le climat conclu lors de la Cop 21. Une décision qui porte un sérieux coup à la réalisation de l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2 °C.

L’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil complique encore un peu plus la situation. Le président brésilien refuse que son pays accueille la prochaine Cop. De même, il ne cache pas son intention de mener une politique agricole plus intensive. Cette orientation pourrait conduire à la destruction de l’Amazonie, considérée comme le plus grand poumon écologique du monde. Et la montée en puissance de l’extrême droite en Europe n’est pas pour arranger les choses.

Contrevérités
Pour convaincre leurs opinions, ces hommes politiques n’hésitent pas à faire recours à la mystification. Le cas le plus patent est celui du président américain. Donald Trump a justifié le retrait de son pays de l’accord de Paris en prétendant que des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) avaient soutenu que la responsabilité de l’Homme dans le dérèglement du climat n’est pas aussi déterminante. Or, le directeur du programme de recherche sur le changement de cette institution a toujours affirmé qu’aucun chercheur du MIT n’avait eu de contact avec la Maison-Blanche.

Pour soutenir la démarche des autorités américaines, l’impact que l’accord de Paris pourrait avoir sur l’augmentation de la température du globe est minoré. Pour les climatosceptiques, même si cet accord est intégralement mis en œuvre, en totale conformité par tous les pays, cela ne produirait qu’une réduction de 0,2 degré par rapport à la hausse prévue d’ici 2100. Avant la Cop 21, les experts de l’Onu, en charge des questions climatiques, estimaient pourtant que la température augmenterait de 4 à 5 °C si rien n’est fait d’ici 2100. Mais si tous les pays signataires respectent leurs engagements, elle sera contenue entre 3 et 4 degrés.

Guerre de théories
Néanmoins, ce courant de pensée a ses scientifiques. Ils sont prix Nobel, chercheurs, lauréats de nombreux prix, auteurs d’articles majeurs. On peut par exemple citer Tim Ball, Ph. D. en climatologie, ancien professeur à l’université de Winnipeg au Canada. Il rappelle les faiblesses des modes de mesure de la température, et l’absence de fondement scientifique à la théorie liant émissions de CO2 et réchauffement climatique. « Ce qui menace la planète, ce n’est pas le réchauffement climatique, mais les politiques économiques stupides qui pourraient en dériver, poussées par des politiciens en quête d’une bonne cause », tance pour sa part Gary Becker, prix Nobel d’économie, professeur à l’université de Chicago.

En réaction, les climato-convaincus pointent la récurrence et la violence de certains phénomènes à l’exemple des incendies à répétition en Europe et aux États-Unis (comme récemment en Californie), des cyclones qui frappent les Caraïbes et l’Asie du Sud-est, l’avancée du désert et l’augmentation du niveau de la mer. Cette réalité, de plus en plus difficile à nier ou à contester, pousse certains climatosceptiques à plus de circonspection. Mais ce n’est pas encore assez pour faire changer d’avis au président Trump et donner une chance à l’accord de Paris sur le climat.

André Balla

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