Lutte contre l’insécurité : L’UA définit les priorités du fonds de la paix

Une retraite est en cours à Addis Abeba à l’effet d’identifier les priorités de l’année 2020 à soumettre à la conférence des chefs d’État en février.

 

En moins de trois ans, les États membres de l’UA ont contribué pour 141 millions de dollars au titre du fonds pour la paix, assure Moussa Faki Mahamat au lancement de la retraite du fonds pour la paix de l’Union africaine. À l’effet d’assurer un financement africain considérable des opérations de maintien de la paix en Afrique dès 2020, les autorités suivantes sont réunies à Addis Abeba (Éthiopie): le commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui; le Bureau du comité des représentants permanents; le conseil d’administration et le comité exécutif de gestion du fonds de paix de l’UA; le président du sous-comité du contrôle général budgétaire et administratif; le haut représentant de l’UA pour le financement de l’Union et du Fonds pour la paix, Donald Kaberuka; le président du Comité des quinze ministres des Finances (F15), la ministre nigériane des Finances Zainab Shamsuna Ahmed.

Au cours des sessions qui se sont déroulées les 11 et 12 janvier dernier, il a été question de définir les priorités spécifiques dans les trois volets thématiques du fonds: médiation et diplomatie préventive, capacité institutionnelle et opérations de soutien de la paix. Un projet de feuille de route 2020 pour l’opérationnalisation du Fonds pour la paix de l’UA a été adopté et sera présenté aux chefs d’État.

Situation

Au terme de la première journée, Moussa Faki Mahamat a salué «d’excellentes discussions lors de la retraite sur l’opérationnalisation du Fonds pour la paix de l’Union africaine». Par la suite, il a affirmé: «la pleine opérationnalisation du fonds en 2020 est l’une des principales priorités que je managerai personnellement».

Pour rappel, en 2016, l’UA a décidé de doter le Fonds pour la paix de 400 millions de dollars retenus sur le prélèvement de 0,2 % institué par les États membres pour financer le budget global de l’Union. Il percevra 25 % des recettes de la taxe à 0,2 % de l’UA. Ce qui équivaut à 400 millions de dollars à l’horizon 2021. Le Conseil d’administration est composé de cinq membres africains, représentant les cinq régions de l’Union africaine, et de deux partenaires internationaux (l’UE et l’ONU). Le Conseil assure la gouvernance stratégique fonctionnelle du Fonds et des structures opérationnelles.

Les premiers responsables sont: Zainab Ahmed du Nigéria, Anicet Dologuele de la République centrafricaine, Elene Makonnen d’Éthiopie, Tito Mboweni d’Afrique du Sud et de Kamel Morjane de la Tunisie. Les représentants de l’UE et de l’ONU demeurent inconnus.

Le Fonds est en outre constitué: d’un comité d’évaluation indépendant, qui sera mis en place pour examiner régulièrement l’efficacité et l’impact du Fonds; d’un comité de direction, qui assurera la surveillance stratégique du Fonds; d’un gestionnaire de fonds, qui gérera les finances et d’un secrétariat du Fonds pour la paix, qui gérera les opérations quotidiennes du Fonds.

Zacharie Roger Mbarga

 

Financement du développement : Carlos Lopez critique la BAD et Afreximbank

L’économiste et ancien secrétaire exécutif de la CEA estime que les deux institutions devraient plus se concentrer en Afrique centrale qu’en Afrique du Nord.

 

Au moment où le président sortant de la Bad fourbit ses armes pour une réélection aux assemblées annuelles de juin 2020 en Côte d’Ivoire, une critique d’un des économistes les plus influents du continent vient faire tache d’huile. En effet, à la suite d’un article d’un magazine économique d’Afrique de l’Est, Carlos Lopez a invité, sur son compte Twitter, les dirigeants des deux banques à inverser la tendance. Il a notamment plaidé pour un appui substantiel aux zones les moins intégrés. Un clin d’œil à l’Afrique centrale qui vient de bénéficier d’une stratégie d’intégration régionale et d’un programme triennal.

Répartition basée sur les avoirs

On ne donne qu’aux riches, peut-on traduire autrement la critique de Carlos Lopez. En effet, la politique de financement de la Bad est adossée sur les avoirs des pays dans le capital de l’institution financière et plusieurs autres critères. De cette manière, les pays les mieux positionnés dans le capital social peuvent espérer de meilleures ressources.

Lorsqu’il quittait son poste de secrétaire général adjoint de l’ONU et de secrétaire exécutif de la CEA le 30 octobre 2016 après démission, l’économiste bissau-guinéen Carlos Lopez invitait les décideurs économiques du continent à ne pas céder à l’ultralibéralisme qui envahit le monde. Il indiquait: «l’agenda de développement et les pratiques pour en sortir doivent faire le maximum pour conserver ce qui reste de l’identité africaine».

Les différentes institutions apprécieront!

 Zacharie Roger Mbarga 

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