Enam : L’intégration sous-régionale au-delà de la formation pour fonctionnaires

Originaires d’autres pays d’Afrique centrale, des élèves côtoient leurs camarades camerounais le long du cursus en vigueur.

Yaoundé, campus de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam). Y être ce 6 février 2020, c’est s’inviter à la fois dans un monde à comprendre et à interpréter. Au-delà d’un simple repérage formel, l’on ressent également la puissance muette d’une présence: celle des étudiants originaires de 4 autres pays d’Afrique centrale (Gabon, République centrafricaine, Tchad et Congo-Brazzaville). Aux côtés de leurs camarades camerounais, ils sont 45 et répartis dans 4 sections (Administration générale, Régies financières, Greffes et Magistrature). Ils font partie de la promotion 2019-2021, baptisée «Dialogue et tolérance».

Ce jour, on dirait que leur histoire est vécue doublement: d’une part, sur le mode de l’exil, et d’autre part, sur un entre-deux culturel. Confirmation est obtenue dans le petit cercle congolais où l’on est plutôt fier d’être au Cameroun. Façon simple de dire que ce ne sont ni les décentrements de l’âme ou de la chair qui suscitent leurs vertiges, mais le sentiment d’être dans un pays qui ressemble au leur, aussi bien dans la relation à l’espace commun, qu’au niveau des études proprement dites.

«Cela évoque sans doute le versant intégrationniste de notre structure de formation. Même si le chiffre est en net recul cette année, il faut reconnaître que par le passé, les étudiants venus des pays d’Afrique centrale étaient au nombre de 113 durant l’année 2017-2019», formule Harouna Gambo, le directeur adjoint de l’Enam.

À dire vrai, chez les Gabonais, Centrafricains, Congolais et Tchadiens en formation ici, il se lit un certain type de dressage social et éducatif. Ils le reconnaissent à l’unisson, car mis aux petits soins. «Nous n’avons pas de difficultés. Tout se passe bien et nous remercions la direction générale et le ministère de la Fonction publique pour la qualité de la formation dont nous bénéficions ici», clame Amable N’nang Nzole (Gabonais). Pour Price Addibang Zag-Let (Tchadien), le Cameroun est une terre d’accueil, avec son hospitalité légendaire. «Nous sommes bien intégrés même si au départ nous avons éprouvé des difficultés à payer la scolarité, à nous loger, mais aussi à régler nos frais de stage». Les Congolais et Centrafricains ont pratiquement les mêmes soucis et plaident pour que certains montants soient revus à la baisse.

Ongoung Zong Bella

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