Sus à la guerre des religions

Aujourd’hui, une jeune amie du Rwanda m’a demandé si j’avais lu la publication de Nathalie Yamb sur les religions dites importées (christianisme, islam et autres).

 

Je prendrai le temps de voir ce qu’elle a dit mais, d’ores et déjà, mon opinion est que toutes les religions (qu’elles soient étrangères ou africaines) intimant à honorer la vérité, la justice, la liberté, la compassion . On ne peut prétendre aimer Dieu si ces valeurs sont foulées au pied. Ce que je regarde avant tout, c’est cela et non si la personne est chrétienne, musulmane, bouddhiste, kamite, dehima ou kimbanguiste car, dans Mathieu 25, 31-46, Jésus déclare qu’un seul critère sera pris en compte le jour du jugement, quand chacun sera face au Créateur : il a eu faim, soif, il était nu, prisonnier, étranger, malade, maltraité et nous l’avons aidé ou non. Il ne dit pas quelle religion nous avons embrassée et pratiquée quand nous étions sur la terre, si nous avons été mariés ou célibataires.

Je suis né et j’ai grandi dans un milieu chrétien mais j’aurais pu naître dans une famille musulmane, juive ou bouddhiste. Alors, pourquoi devrais-je absolutiser quelque chose qui ne relève que du hasard ? Par ailleurs, « comment penser et vivre la nécessité, la suprématie et l’universalité du christianisme lorsque-ci s’impose comme religion dominante ou des dominantes ? » (Fabien Eboussi Boulaga, « Christianisme sans fétiche. Révélation et domination », Paris, Présence Africaine, 1981)

60 ans sur la terre des hommes m’ont appris qu’il n’est pas juste de croire que telle ou telle religion est la meilleure, qu’elle est supérieure aux autres. J’ai vu des hommes et des femmes passionnés de vérité, de justice et de liberté dans toutes les religions. Je les ai vus défendre le pauvre et le faible. En outre, diverses lectures m’ont appris que, avec Jésus, on est passé du Dieu des armées au Dieu désarmé car Dieu n’a pas empêché son propre fils de subir la violence des hommes et qu’on ne défend pas ce Dieu- là en persécutant ou en égorgeant celui qui blasphème son nom ou qui refuse de L’adorer mais en prenant simplement fait et cause pour l’opprimé, l’exploité et le méprisé.

Bref, je ne serai jamais partisan de la guerre des religions. La seule guerre que je suis prêt à mener avec d’autres est la guerre contre l’ignorance, l’injustice, l’impérialisme, le racisme et la misère.

 

Jean-Claude DJEREKE

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