Fusion des bourses : les chefs d’Etat refusent d’arbitrer le match Gabon-Beac

Réunis ce 24 mars 2019 à Ndjamena en session ordinaire, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cemac n’ont pas tranché les querelles sur le dossier de la fusion des deux bourses de la sous-région (BVMAC et DSX). Au sortir de leur rencontre, ils se sont contenté d’instruire «la Beac d’accélérer de mettre en application les dispositions de l’Acte additionnel portant unification du marché financier de l’Afrique centrale».

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cemac, au sommet de Ndjamena le 25 mars.

 

Pourtant, le processus tel que mené jusqu’ici par la banque centrale est contesté par le Gabon. Libreville remet en cause 3 points de la fusion proposée par le rapport d’audit du cabinet Price Water Cooper (PWC) Cameroun validée par la Beac et la Cosumaf. Il s’agit de la géographie du capital de la nouvelle infrastructure boursière, de l’évaluation du patrimoine de chaque bourse et du montant de l’indemnisation du personnel.

Sur le capital de la nouvelle bourse, une note du ministre gabonais de l’Économie Jean-Marie Ogandaga, dont Jeune Afrique relève quelques extraits, indique que «le Cameroun représente environ 30 % du poids économique de la communauté. Nous estimons que les actionnaires actuels de la BVMAC devraient au moins avoir une majorité symbolique de 51 % au capital de la nouvelle bourse». De son côté, PWC octroie 59 % des parts aux actionnaires de la DSX et 41 % à ceux de la BVMAC.

Au sujet des patrimoines, PWC estime la valeur de la plateforme de cotation de BVMAC à 73 millions de francs CFA. Il la juge «trop obsolète». Les responsables de cette bourse l’évaluent à 500 millions. De plus, ces derniers relèvent que l’immeuble siège n’a pas été pris en compte dans l’évaluation du patrimoine.

Pour ce qui est de l’indemnisation des dirigeants et du personnel des institutions boursières, Libreville a arrêté la somme à près de 1,2 milliard de francs CFA. L’expertise de PWC propose 228 millions de francs CFA pour la DSX et 155 millions pour la BVMAC. Des montants validés par la Banque centrale.

Au regard de cette opposition, la Beac a tenté de passer en force en mettant la BVMAC sous administration provisoire. Le processus a été bloqué par Libreville.

Zacharie Roger Mbarga

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