Développement : Le Cameroun a mal à ses outils de planification

Une réflexion s’est tenue la semaine dernière à Yaoundé entend remédier à la situation, afin de ne pas hypothéquer les objectifs d’émergence du pays.

Le Cameroun est à la recherche de nouveaux outils (modèle) de simulation économique. Ce 22 mai, le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) a organisé, en collaboration avec la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), un atelier sur la question. La méthodologie actuelle, basée à la fois sur le long et le court terme, ne permet pas de faire de bonnes prévisions. Isaac Tamba ne le cache pas.

«Les outils de planification (court terme et long terme) utilisés dans le cadre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) sont désuets», confesse le directeur général de l’Economie et de la Programmation des Investissements Publics au Minepat, lors de l’atelier. Du fait de cette situation, les partenaires financiers du Cameroun (FMI, Banque mondiale) émettent des réserves sur l’efficacité des dépenses publiques et des investissements publics en particulier. Ce qui influe indubitablement sur un ensemble de programmes communs liés à l’équilibre macroéconomique du Cameroun.

Le bureau sous régional pour l’Afrique centrale de la CEA propose de moderniser ces outils et leur méthodologie. «Des outils modernes de modélisation économique, le Cameroun réussira son objectif de stabilité macroéconomique et fiscale», justifie Bartholomew Armah, chef de la section Renouveau de la planification à la CEA. «L’un de nos soucis majeurs est que les besoins d’ajustement budgétaires de court terme, qui du reste sont indispensables, pour maintenir la confiance des investisseurs et relancer la croissance économique, ne compromettent pas les objectifs de long terme aussi important que la transformation structurelle et l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD).

C’est pour cela que nous pensons que nos Etats doivent se doter des meilleurs outils qui leur permettent de préserver la marge de manœuvre budgétaire nécessaire à la promotion de ces objectifs de long terme», ajoute Antonio Pedro, directeur du bureau sous régional de la CEA. Mama Keita, chef du centre des données au bureau sous régional de la CEA, précise que «les Etats ont besoin d’outils modernes pour définir leurs objectifs prioritaires sur le long terme. Ceci pour atteindre les impacts sociaux, environnementaux et économiques pour lesquels les politiques publiques sont prises».

Diversification

La crise qui sévit dans la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) est avant tout une crise de devises. La diversification économique est de ce fait un impératif pour les pays de la sous-région. «Les Etats de la sous-région ont une croissance basée sur un secteur primaire peu moderne et des services qui sont parfois peu modernes eux aussi. Nous prônons une accélération de la transformation structurelle de ces économies à travers la diversification économique. La juste planification a un rôle très importantI», rappelle à juste titre Mama Keita.

Au Cameroun, les secteurs de croissance sont certes diversifiés, mais les produits sont peu élaborés. Exportés à l’Etat brut, sans valeur ajoutée, ils rapportent très peu de devises à l’économie. Pour adresser cette préoccupation, trois options sont mises en œuvre: la diversification verticale et horizontale (augmentation des secteurs de croissance et transformation en produits manufacturiers), la politique des champions nationaux (appui aux entreprises industrielles pour la création d’un label Cameroun) et le patriotisme économique (promotion de la priorité à la consommation du made in Cameroun).

Zacharie Roger Mbarga

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