Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale : Polémique autour du recrutement d’un nouveau DG

Le communiqué du gouverneur de la BEAC ouvrant la voie au remplacement de Jean Claude Ngbwa fait l’objet de contestations depuis sa publication le 24 décembre dernier.

Le cœur n’est pas à la fête à la direction générale à Douala de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Et pour cause, Abbas Mahamat Tolli a surpris tout le monde. Le 24 décembre dernier, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a signé un communiqué tenant lieu d’avis de recrutement d’un nouveau directeur général à la Bourse sous-régionale. Selon ledit communiqué, le nouveau responsable «devra établir et exécuter des plans pour atteindre les objectifs stratégiques de la Bourse ; donner des éclairages et orientations permettant d’accroître les liquidités et d’approfondir les marchés financiers de la CEMAC». Et pour définitivement fixer l’actuel titulaire du poste, le Camerounais Jean Claude Ngbwa, sur son sort, la décision indique que «le contrat à plein temps d’une durée d’un an sera renouvelable à la date du démarrage des services prévue pour le mois de mars 2020. Les trois premiers mois devront constituer une période probatoire».

Contestation

Jean Claude Ngbwa a été nommé directeur général de la BVMAC en Juillet 2019 à la faveur de la fusion de la Douala Stocks-Exchange (DSX) et de la défunte Bourse sous-régionale. Au moment où le communiqué mettant aux enchères son poste est publié sur le site Internet de la BEAC le 24 décembre dernier, son contrat avec l’institution boursière court encore. L’ancien secrétaire général de la Commission interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) n’est finalement informé de l’existence de l’avis de recrutement que par le biais du quotidien gouvernemental Cameroon tribune. Et pour ses collaborateurs au siège de l’institution à Douala, cela est tout simplement inadmissible. «Pour commencer, ce n’est pas à la BEAC de lancer le recrutement d’un nouveau directeur général à la Bourse. Elle était chargée de la fusion et cela est fait depuis juillet dernier. Nous sommes désormais une société privée et fonctionnons avec un Conseil d’administration. Or, même le président du Conseil d’administration, le Gabonais Henri-Claude Oyima, a été tenu dans l’ignorance», fera observer l’un d’eux.

Protestant alors contre le processus de recrutement en cours, plusieurs collaborateurs de Jean Claude Ngbwa, actuel directeur général de la BVMAC, pensent avoir percé à jour les intentions de Abbas Mahamat Tolli. Pour eux, «le gouverneur de la BEAC veut clairement inféoder la BVMAC. Rien autrement ne peut expliquer que son institution veuille se comporter en gendarme alors que la Bourse est une entreprise relevant du droit OHADA». Autant dire en tout cas que si l’opération va jusqu’à son terme, le nouveau dirigeant pourrait faire face à l’hostilité de certains cadres de l’institution. Ce d’autant que ledit recrutement n’a pas reçu l’assentiment des institutions de Bretton Woods. Selon certaines sources en effet, la Banque mondiale aurait refusé de valider cette procédure, indiquant à toutes fins utiles que «cela ne rentrait pas dans les prérogatives de la BEAC». En clair, Jean Claude Ngbwa n’est pas encore parti et Abbas Mahamat Tolli n’aura pas d’autre choix que de convaincre les membres du Conseil d’administration de la BVMAC pour voir sa démarche prospérer.

Théodore Ayissi Ayissi (stagiaire)

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