Absentéisme et communautarisme : la Cour des Comptes «saisie»

L’institution communautaire a été invitée par le président de la Commission de la Cemac à s’impliquer dans le combat contre ces manquements.

La première phase de la mission de contrôle de la Cour des Comptes communautaire s’est achevée ce 25 novembre 2021 à Malabo. «Les comptes de la Communauté, de la Commission, du Parlement et du FODEC ont ainsi été passés au crible par les juges financiers pour les exercices 2019 et 2020», rapporte la Commission de la Cemac. Les juges des Comptes et le président de la Commission se sont dès lors séparés sur une note de satisfaction partagée. Le temps pour le Pr Daniel Ona Ondo de les interpeller sur «de graves manquements qui, si ils persistent, pourraient mettre en danger l’existence même de la communauté».

La première inquiétude soulevée par le dirigeant communautaire porte sur la problématique de la compétence, sur l’absentéisme de certains cadres et sur l’incidence de cet état de choses sur le fonctionnement optimal de l’institution. Car pour le président de la Commission de la Cemac, «Il est intolérable que des responsables se répandent dans la presse pour ternir mon image et celle de l’institution qui les rémunère si généreusement, quand ils ne brillent que par leur absence au poste de travail pendant un voire deux ans». Le Pr Daniel Ona Ondo finit alors par se demander: «comment allons-nous relever les défis de l’intégration dans ces conditions».

Comme deuxième préoccupation, le président de la Commission de la Cemac pointe également du doigt le communautarisme. Il a à cet égard «invité les juges à lutter contre toute forme de communautarisme au sein des institutions de la Cemac. Le communautarisme qu’il a qualifié de ‘‘teigne pour la Communauté’’», renseigne un communiqué de la Commission. En guise de solution, le Pr Daniel Ona Ondo propose à la place «la solidarité qui doit être de mise pour que tout le monde travaille dans un esprit de fraternité», a-t-il insisté.

TCI
«La rétention de la Taxe communautaire d’intégration (TCI)», a également fait l’objet d’une plainte de la part du président de la Commission de la Cemac. Le haut responsable a notamment précisé aux juges de Comptes que «la TCI ne rentre pas, pourtant c’est une recette affectée. Cette année, nous n’avons recouvré que 17% du montant attendu. Et je vous informe que, jusqu’à présent, nous n’avons pu tenir que parce que deux pays reversent régulièrement la TCI», rapporte encore le communiqué de l’institution sous-régionale.

Théodore Ayissi Ayissi

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