Ngomedzap : Grâce au Feicom, la cité tient son hôtel de ville

Construit à hauteur de près de 500 millions FCFA, le joyau architectural révèle la marque de la «banque des communes».

Une vue de la façade principale de l’hôtel de ville de Ngomedzap

Ce 20 novembre 2020, l’actualité municipale est braquée sur Ngomedzap (Nyong-et-So’o). La ville tient désormais son nouvel hôtel de ville. Construit devant un épais rideau de forêt, l’édifice est assis sur une assiette foncière d’environ 1200 m² et à forte rente de situation. Image d’une modernité triomphante sur fond de tradition, sa réussite a été fulgurante. À ce jour se dresse, en toute majesté, un bâtiment principal. Affublé de bureaux et de toilettes modernes, l’intérieur dégage à la fois un sentiment d’intimité et de chaleur familière. À l’extérieur, un bâtiment annexe précédé d’une plateforme piétonne exceptionnelle. Le lieu a déjà une âme dans le nouveau quartier administratif de Ngomedzap. Le tout, apprend-on, est l’œuvre de SAR-Métal SARL. En 8 mois, cette entreprise a rempli son contrat en lien avec les priorités fixées par le maire Bleue Régine Tsoungui, élu en février 2020.

Accompagnement
Conçu sur fond de refonte de la gouvernance communale à Ngomedzap, le projet est devenu, depuis décembre 2015, le dogme officiel de la municipalité. Derrière cette étiquette, il y a surtout la structuration d’un système d’acteurs et d’un management biberonné à l’esprit du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom). Selon Philippe Camille Akoa, le directeur général, cette structure a cru en ce projet et y a injecté environ 500 millions FCFA. En contemplant l’édifice (officiellement inauguré ce jour par Georges Élanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local), le patron de la «banque des communes» se félicite de la mise en convergence des politiques et des acteurs, du chainage des différentes actions et des mises en partenariat. À ce sujet, il est frappant d’observer qu’à travers cette stratégie, le Feicom s’affirme une nouvelle fois comme un «véritable partenaire opérationnel, technique et financier aux côtés des communes du pays».

Au regard des marges plus que confortables qui encadrent l’action de l’entreprise à capitaux publics qu’il dirige, celle-ci entend aller plus loin, indique Philippe Camille Akoa. D’après lui en effet, depuis décembre 2017, une division des études et de la prospective locale, chargée, entre autres, de formuler des programmes de développement économique et social, a été créée. Par cette démarche, dit-il, le Feicom souhaite dépasser l’image répandue dans l’opinion, d’une entreprise de financement du béton, pour devenir un véritable outil de développement permettant aux collectivités d’organiser/structurer les acteurs et les filières économiques.

Il s’agira par ailleurs de développer des synergies avec les sectoriels, les organisations de la société civile, d’accompagner la structuration des groupements d’intérêt économique. «Sauf que les concours financiers du Feicom dans ce type de projets sont généralement des prêts remboursables en totalité. À l’observation, les magistrats municipaux affichent une certaine préférence pour des projets sociaux subventionnés à hauteur de 85%. Je voudrais également relever que de tels projets exigent, en contrepartie, beaucoup de rigueur sur le plan managérial en vue de la pérennité, de la durabilité et de la soutenabilité de l’investissement réalisé», nuance Philippe Camille Akoa.

Pour Georges Élanga Obam, le nouvel hôtel de ville de Ngomedzap est moins un objet qui se donne à voir parmi d’autres que ce qui rend visible l’action de l’exécutif municipal. En ce sens, il instruit celui-ci de se transformer en «instrument de lutte contre la pauvreté, d’être le promoteur d’opportunités économiques et le levier majeur pour le développement».

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