Mobilité urbaine pendant la CAN : Les taximen hors-jeu

Les responsables syndicaux se plaignent d’être écartés de la compétition au détriment des clandestins. Les chauffeurs de taxi s’attèlent malgré tout à donner une bonne image du pays organisateur pendant toute la durée de l’événement continental.

 

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Le secteur des transports urbains se sent concerné par le confort et la sécurité des étrangers en terre camerounaise pendant la CAN. L’image du Cameroun en dépend. Pour les responsables syndicaux du secteur des transports urbains, le maitre-mot depuis le début de la Coupe d’Afrique des nations de football au Cameroun est: «La CAN sans agression pour tous les usagers et passagers». Seulement, la possibilité ne leur est pas donnée jusqu’ici de dérouler leur plan d’action.

En effet, le président de la Fédération des syndicats de chauffeurs professionnels s’indigne de l’exclusion dont ils sont victimes. Patrice Samen déplore notamment le fait que «le Gouvernement a décidé que les taxis ne feront pas le trajet pour se rendre à Olembé. Nous leur avons demandé d’accréditer certains taxis, le Gouvernement a refusé». Le comble pour ce syndicaliste est que «le gouvernement a privilégié les véhicules clandestins et les personnels qui chargent au vu et au su de tout le monde. Le plus gênant avec ces véhicules est qu’ils n’ont pas d’assurance de transport».

Bus
Nonobstant les mesures sécuritaires prises en amont à notre niveau pour la sécurité des étrangers venus au Cameroun, «le Gouvernement a opté pour le transport de masse, indique-t-il, pour éviter les embouteillages sur les routes. On observe que les bus transportent les passagers au prix de 200 FCFA pour le Stade Olembé. Mais, ce n’est pas tout le monde qui est supposé prendre le bus», lâche le responsable syndical. Surtout que dans le même temps, on a demandé aux taximen de remettre leurs véhicules à neuf pour bien assurer le transport des étrangers et autres passagers.

En effet, «quand la mairie de Yaoundé a contraint les chauffeurs à refaire leurs véhicules, on a sensibilisé tous les chauffeurs. Tous ont repeint leurs véhicules, malheureusement pour être exclus de la compétition», s’indigne une fois de plus le syndicaliste Patrice Samen. Et de poursuivre: «on a réquisitionné tous les véhicules clandestins pour les cantonner dans les hôtels pour le transport des étrangers. Dans ce contexte, comment un étranger va-t-il emprunter le taxi? Devant une telle situation, nous les syndicalistes affichons clairement notre mécontentement, car il s’agit du mépris à l’égard des chauffeurs de taxi».

Initiative
«Nous avons donné des consignes à tous les chauffeurs. On leur a dit que nous voulons une Coupe d’Afrique des nations sans agression dans les taxis et que les chauffeurs se contrôlent entre eux», rappelle Patrice Samen. Le responsable syndical indique ensuite qu’«on a mis en place un circuit pour que s’il y a des faux gestes, on nous en fasse part pour qu’à notre tour, l’on puisse saisir les forces de l’ordre. On leur a martelé de changer de comportement pendant cette période et d’opter pour des comportements responsables», fait également savoir Patrice Samen, président de la Fédération des syndicats des chauffeurs professionnels du Cameroun (Fnscpc).

Et pour le moment, les consignes sont respectées. «Nous sommes fiers parce que jusqu’à présent, on n’a enregistré aucune agression. Toute chose qui témoigne à suffire que nos instructions sont en train d’être exécutées, et nous souhaitons que la CAN se termine sous de bons auspices, sans agression dans les taxis, pour que les étrangers rentrent avec une bonne image du Cameroun. Et on aura fait notre travail», se réjouit-il.

Olivier Mbessité

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