Conseil ministériel: Le même discours sur la méthode et les priorités

 

Le président de la République du Cameroun, Paul Biya a signé vendredi 02 mars 2018, des décrets portant nomination de nouveaux responsables au sein de son gouvernement. La liste des ministres.

Le 15 mars au palais de l’Unité, Paul Biya, le président de la République n’a pas décliné dans son discours une nouvelle approche du travail au sein de l’équipe gouvernementale.

 

Sur la forme, ce sera collégialité. Sur le fond, priorité est donnée à la performance. Paul Biya, le président de la République, a délivré jeudi dernier son discours de la méthode et fixé le cap de l’exécutif, lors d’un Conseil ministériel au palais de l’Unité. Se montrant soucieux d’éviter ou de limiter les couacs qui plombent son magistère, le chef de l’Etat a mis les points sur les i devant une équipe de ministres et secrétaires d’Etat majoritairement issus de son parti, le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais). Parmi les règles de bon fonctionnement de l’exécutif, réaménagé le 02 mars 2018, figurent l’efficacité, la solidarité, l’esprit d’équipe, le respect de la hiérarchie… «Elles devront en tout temps et en toute circonstance, être les boussoles qui guident votre action. C’est également à cette aune que vous serez jugés», prescrit Paul Biya. On ne saurait mieux définir la méthode à laquelle le gouvernement, dans sa configuration actuelle, est astreint et condamné à se dévouer afin d’être le liftier de la croissance.

 

Du réchauffé

Dans cette optique, il est attendu de l’équipe Yang IV la poursuite de la mise en œuvre du programme conclu avec le Fonds monétaire international. Il est également urgent de finaliser la mise en œuvre des grands projets structurants, du Plan d’urgence pour l’accélération de la croissance et du Plan spécial jeunes. Dans le détail, le président de la République demande plus d’attention dans la mise à disposition des populations des services de proximité (eau, électricité, santé, infrastructures routières). Ce qui peut apparaître comme une subtilité est en fait une pointe avancée d’un projet politique encore balbutiant : la décentralisation. Le chef de l’Etat dit que «la création du ministère de la Décentralisation et du Développement local s’inscrit dans l’optique d’apporter une réponse rapide» aux demandes récurrentes des populations «d’être associées plus étroitement à la gestion des problèmes qui influencent directement leur quotidien». Il en attend, à brève échéance, des propositions détaillées et un chronogramme relatifs à l’accélération du processus de décentralisation en cours. Sur le plan du contenu, rien de neuf apporté aux mesures et directives déjà connues. «Le cadre est tracé, les objectifs fixés et connus. L’action doit se poursuivre résolument. Je le dis clairement. Nous devons faire plus. Nous devons faire mieux», avait-il déclaré lors du Conseil ministériel du 15 octobre 2015. Quatre ans auparavant (le 15 décembre 2011), le locataire d’Etoudi se montrait préoccupé par l’addiction camerounaise à la dépense publique. Il suggérait alors au gouvernement de se «désintoxiquer» au plus vite. Cette fois, il revient sur le même thème: «Je voudrais vous réitérer, très fermement, mes instructions sur la nécessité d’une utilisation rationnelle des ressources publiques, la réduction du train de vie de l’Etat et la lutte contre la corruption».

 

Jean-René Meva’a Amougou

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