Révolution technologique : La CEA parie sur les jeunes filles

8 500 jeunes femmes âgées de 12 à 25 ans et ressortissantes de toute l’Afrique ont achevé leur formation. Elles ont réalisé 83 projets innovants et orientés vers des solutions aux problèmes humains en animation, développement Web, robotique, intelligence artificielle et design de mode.

Vera Songwé a donné un cachet particulier au Camp de codage des jeunes filles africaines connectées

L’apothéose était grandiose à l’Hôtel Hilton de Yaoundé le 29 octobre 2021. Le salon de l’innovation qui s’y tenait servait de clôture officielle au camp de codage pour des filles africaines connectées qui s’est déroulé du 5 au 16 juillet à Yaoundé, Douala et Buea (Cameroun) avec une connectivité virtuelle à travers l’Afrique.

Ces inventions produites pendant le Camp ont vocation à «offrir aux filles et aux jeunes femmes l’opportunité d’accéder à des connaissances de base, à des outils numériques et à des plateformes pour leur permettre de devenir des innovatrices, des entrepreneuses et des leaders de la technologie afin de résoudre des problèmes non seulement au Cameroun mais aussi sur tout le continent», a insisté Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA.

Théâtre d’opération
Le choix de la jeune fille ou de la jeune femme se fonde sur des données statistiques qui démontrent que la fracture numérique selon le critère genre est un sérieux handicap pour le développement de l’Afrique. En Afrique, les femmes sont sous-représentées dans les domaines des Sciences, des Technologies, de l’Ingénierie, des Arts et des Mathématiques (STEAM). 27% seulement des femmes en Afrique ont accès à l’Internet et 15% seulement ont les moyens de l’utiliser. La région présente le plus grand écart numérique entre les sexes au monde; avec seulement 22,5% des femmes utilisant l’Internet, contre 33,8% des hommes.

Parmi les autres obstacles qui affectent l’Afrique, figurent sa faible connectivité numérique, ses infrastructures limitées, le coût élevé de la bande passante, la cybersécurité, la culture numérique, etc. La tendance dans le monde se rapproche quelque peu de la situation en Afrique. Seuls 29% des chercheurs dans le monde sont des femmes. Les femmes ne représentent que 35% des étudiants dans les formations supérieures en STEAM au niveau mondial. Par exemple, dans le monde, seuls 3% des étudiantes de l’enseignement supérieur choisissent les technologies de l’information et de la communication (TIC).
Ces données, Vera Songwe a tenu à les projeter afin que tout le monde puisse être saisi du gap. Car, l’Afrique a l’opportunité de réaliser un grand bond en avant avec le développement des TIC et l’intensification des compétences STEAM dans les économies.

Engagement
La ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun, Minette Libom Li Likeng a révélé toute l’attention particulière qu’elle porte au rééquilibrage de l’accès à Internet (et aux compétences liées) entre les sexes au Cameroun. Il s’agit d’un «axe essentiel de la stratégie gouvernementale de développement de l’économie numérique» a-t-elle confié.

Elle a poursuivi en déclinant cet engagement, «en acceptant donc d’accompagner cette initiative, le ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun confirme sa détermination ainsi que celle du Gouvernement camerounais à soutenir les jeunes femmes et les filles à exploiter pleinement les opportunités qui leurs sont offertes par la technologie numérique et les TIC, notamment dans le domaine du développement et de la fourniture des services, de l’éducation et des compétences technologiques essentielles».

La ministre a invité les lauréates à capitaliser cette expérience et à s’en passionner. Elle leur a notamment recommandé de «rêver et de rêver grand». «Allez au-delà de la simple maîtrise des codes d’un langage de programmation, cherchez à innover» leur a-t-elle conseillé.

Remy Biniou

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