Cameroun-Comores : L’aube d’une coopération de développement

Les deux parties jettent encore les bases d’un cadre conventionnel négocié dans une vision à long terme.

Le ministre Lejeune Mbella Mbella (àd) et son hôte

Yaoundé et Moroni ne sont plus indifférents l’un à l’autre. C’est ce qu’ont laissé entendre Kamaliduni Souef (envoyé spécial comorien) et Lejeune Mbella Mbella (ministre camerounais des Relations extérieures, Minrex). Au cours d’un tête-à-tête à Yaoundé le 27 août 2021, les deux personnalités ont hissé la politique de coopération au développement au rang d’action prioritaire entre les deux pays. Selon la cellule de communication du Minrex, Yaoundé et Moroni pourraient bâtir un cadre conventionnel négocié dans une vision à long terme. L’idée est d’établir un mécanisme formel de consultations bilatérales. Sur le coup, apprend-on, Kamaliduni Souef a suggéré la mise à contribution de l’Agence comorienne de coopération internationale. D’après des informations (encore non officielles), cette institution devra s’investir en termes de mise en relation avec les partenaires camerounais étrangers, d’encouragement de la promotion et de la facilitation du développement de la coopération au profit des secteurs privés comorien et camerounais.

On l’aura compris : avec des partenaires africains comme le Cameroun, l’archipel entend renforcer les fondamentaux de son économie «particulièrement fragile», selon la Banque mondiale. La stabilité politique étant quasiment acquise (dans un pays à l’histoire mouvementée, marquée par près d’une vingtaine de tentatives de coups d’État entre 1975 et 2009, date de la dernière crise séparatiste d’Anjouan), le principal défi réside dans le développement des trois îles. Objectif fixé par les autorités locales : l’émergence en 2030. Pour gagner ce pari, les Comoriens misent sur le secteur touristique (35 000 touristes enregistrés aux frontières en 2018), selon Jeune Afrique du 27 novembre 2019.

L’Union des Comores fait partie des 22 pays africains ayant atteint «un niveau raisonnable de l’objectif 4» des OMD (Objectifs du millénaire de développement). Il s’agit de la réduction du taux de mortalité infanto-maternelle. Un indicateur qui passe de 517 (en 1990) à moins de 100 (en 2015) sur 100 000 naissances. Même si l’OMS note que des «disparités socio-économiques entre les îles, entre les milieux rural et urbain, et entre les sexes sont à la base de ces résultats».

Jean-René Meva’a Amougou

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