Aviation : Emirates Airlines pour remorquer Camair-Co

Cette solution enterre définitivement le plan de sauvetage de Boeing Consulting approuvé en juillet 2016.

Sur «très hautes instructions du Chef de l’Etat», Ernest Massena Ngalle Bibehe s’est rendu dernièrement à Dubaï. Dans la capitale émiratie le 9 mars 2020, le ministre des Transports (Mintransports) a rencontré Thierry Antinori, le vice- président de la Compagnie Emirates Airlines. Au cours de la séance de travail animée par les deux personnalités, la possibilité d’un sauvetage de l’«Etoile du Cameroun» a été longuement discutée.

Il s’agit, révèlent nos sources, d’une solution optimale qui garantit le respect des intérêts de Camair-Co à travers la fourniture des aéronefs flambants neufs ; une assistance technique pour le renforcement des capacités du personnels de la compagnie aérienne et l’amélioration de des infrastructures dans les domaines de la sureté, de la sécurité et des services. Sur le vif, Ernest Massena Ngalle Bibehe et Thierry Antinori ont signé un accord.

L’une des clauses de celui-ci stipule clairement que Camair-Co pourra bénéficier d’un flux de fret et de passagers qu’elle pourra ensuite redistribuer à l’intérieur du Cameroun et dans la sous-région Afrique centrale. Ce qui fera de la compagnie nationale une institution à capitaux publics mais fonctionnant sur le format d’une entreprise privée.

En fait, l’idée est évoquée depuis 2015. Les autorités locales parlaient alors de l’élaboration d’un business plan, entre autres, préalable au déblocage des fonds nécessaires à la restructuration du transporteur aérien camerounais. En ce temps-là, la piste Boeing Consulting avait été explorée. Le constructeur aéronautique américain proposait, entre autres, une augmentation de la flotte par l’acquisition de 9 nouveaux appareils à l’horizon 2020 ; une extension du réseau des dessertes à 27 destinations nationales, régionales et internationales et le remboursement de la dette évaluée lors du lancement du plan de relance à 35 milliards de FCFA. 60 milliards de FCFA devaient également être injectés par l’Etat du Cameroun dans les caisses de la Camair-Co. Rien à ce jour.

Dans l’une de ses prises de paroles , Louis Paul Motaze , le ministre des Finances (Minfi) avait mis en évidence le poids des dettes cumulées de l’ordre de 32, voire 35 milliards FCFA à la dernière évaluation faite en 2019 . Au mois de septembre 2019, l’Agence panafricaine de sécurité et de navigation aérienne (Asecna) préconisait déjà la suspension de ses services auprès de la compagnie nationale aérienne du Cameroun du fait de ces arriérés cumulés.

Pour mettre leur menace à exécution, les agents de l’Asecna s’étaient engagés à provoquer des retards de 30 minutes sur les décollages des avions en partance des aéroports du Cameroun. La colère du gestionnaire du ciel africain se justifiant par des impayés s’élevant à plus de 107 millions FCFA. Il faut aussi signaler ici la bourdonnante facture de près de 200 millions FCFA réclamée par le pétrolier Tradex, en plus des six avions de la flotte de Camair-Co cloués au sol du fait de nombreuses avaries et autres problèmes techniques.

 

Bobo Ousmanou

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