Pius N. Njawé : La consécration de la mémoire de l’illustre disparu

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui a été célébrée le 3 mai 2021, les membres de la famille de Pius N. Njawé de vénérée mémoire, fondateur du journal Le Messager, à titre d’hommage bien mérité, ont déposé en présence du personnel en service de ce média, une gerbe de fleurs sur sa tombe dans son village situé à Babouantou dans l’arrondissement de Bandja, département du Haut-Nkam.

Une ambiance de recueillement règne dans le caveau familial ce 3 mai 2021. À l’intérieur, reposent pour l’éternité, Pius N. Njawé (1957-2010) et sa dame Jeane Ongbatik, (1960-2002) épouse Njawé. Ici, La présence des membres de la famille de l’illustre disparu, à savoir : son frère aîné et sa nièce, respectivement Maurice Kamgo et Micheline Wedikoua, est manifestement remarquable. Celle du rédacteur-en-chef du journal Le Messager, Christian Tchapmi, représentant du directeur de publication (Dp), Jean François Chanon et d’un aréopage des journalistes de la région de l’Ouest n’est pas en reste.

L’occasion est donc celle du dépôt, à titre d’hommage bien mérité, de la gerbe de fleur sur la pierre tombale de l’illustre disparu. Une initiative de son fils ainée, Florent Njawé, résidant au pays de l’Oncle Sam. D’entrée, après une courte prière faite par Maurice Kamgo à l’intention du Dieu vivant pour demander le repos éternel des décédés, l’acte du jour est scellé. Sitôt l’oraison terminée, il regrette la disparition de son frère cadet : «je sens autour de moi, un grand vide. Je me démène tout seul pour faire bouger les lignes dans cette famille. S’il était là… Je parle la mort dans l’âme». Et d’ajouter : «le message que je peux donner à ses enfants, c’est de s’unir dans l’amour et de travailler ensemble».

 Cri de ralliement

Toutefois, cette gerbe porte, ostensiblement, cette inscription : «Camarade le combat continue». Dans les rangs de l’assistance, elle draine des regards curieux. Christian Tchapmi, interrogé sur sa pertinence, laisse entendre qu’il s’agit «d’un cri de ralliement» qu’aimait bien lancer Pius N. Njawé. Et «nous avons voulu» qu’avec la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, étant donné qu’il était un fervent défenseur des libertés et de la démocratie au Cameroun et en Afrique, reprendre cela pour un devoir de mémoire. Parce que «nous sommes ses héritiers». Et le journal Le Messager n’étant plus simplement une entreprise de presse impulsée par son dynamisme, mais une institution. Il était donc judicieux, par l’acte de Florent Njawé, qu’il sache du fond de sa tombe que «nous sommes» dans sa trajectoire. Et pensons qu’au quotidien, «nous devons» travailler avec acharnement en respectant notre ligne éditoriale qui n’a pas changé parce que beaucoup pensait que la disparition du timonier serait la mort programmée du Messager.

Le rédacteur-en-chef révèle que chaque fois, malgré la conjoncture particulièrement drastique de la presse écrite au Cameroun, «nous continuons» d’œuvrer modestement pour garder cet héritage. Et aujourd’hui, la symbolique étant d’autant plus grande que l’on parle de la liberté de la presse dans un contexte où, de plus en plus, «les journalistes sont interpellés, séquestrés, embastillés».

Pérenniser le combat

Et Pius N. Njawé, embastillé en récurrence, parce qu’il avait osé revendiquer un peu plus d’humanité dans le traitement à réserver aux couches sociales vulnérables et à ceux qui étaient prêts à donner de leur vie pour les libertés, «nous avons pensé» qu’il était de bon ton de pérenniser ce combat. Christian Tchapmi conclut, somme toute, que voilà l’essentiel du message que «nous sommes venus» porter ici à Babouantou. Mais, également, rassurer ceux qui sont, au-delà de ses voisins, de la grande famille originelle du fondateur du quotidien Le Messager de ce que son œuvre, «malgré les vents contraires et les vicissitudes de l’existence, le chemin plein d’épines et de ronces, continue sa marche vers l’idéal» qu’il aurait souhaité s’il était encore vivant. «Et nous sommes sûrs» qu’il nous écoute du fond de sa tombe.

Filbert AZAP NDONGO Babouantou 

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