Reconfinement en Europe et faible croissance en 2021 en Afrique centrale

«Force est de reconnaître que la restauration des mesures de reconfinement, en Europe notamment, est de nature à compromettre nos espoirs de reprise rapide en 2021».

A person wears a face mask as they walk through the city centre as the coronavirus disease (COVID-19) outbreak continues in Cardiff, Wales, Britain October 19, 2020. REUTERS/Rebecca Naden

C’est au cours d’un entretien avec Enoromi Magazine le 17 janvier dernier, que le président de la Commission de la Cemac s’est exprimé ainsi. Le Pr Daniel Ona Ondo partageait alors l’un des axes majeurs de son évaluation de la situation globale qui prévaut dans la sous-région. Dans le N0 021 dudit magazine, le dirigeant communautaire a notamment eu l’opportunité de se prononcer sur la table ronde du 16 au 17 novembre 2020 à Paris, sur le niveau d’endettement des Etats de la sous-région, sur les effets de la pandémie et sur les perspectives de croissance en Afrique centrale pour le compte de l’exercice 2021.

Sur ce dernier point, le président de la Commission de la Cemac s’est d’abord voulu pédagogue. Reprenant alors pleinement ses attributs d’universitaire, le Pr Daniel Ona Ondo a dans un premier temps indiqué pour la bonne compréhension de tous, que «les prévisions de croissance dépendent essentiellement des hypothèses retenues dans les cadrages macroéconomiques et les modèles utilisés dans cet exercice. Il est donc important, dans cette démarche, de veiller au réalisme et à la crédibilité des hypothèses retenues». C’est ce postulat qui a ensuite permis au dirigeant communautaire, dans le deuxième moment de sa réflexion sur la question, de s’appuyer sur le «Rapport définitif sur la surveillance multilatérale 2019 et perspectives pour 2020 et 2021», pour dire l’optimisme qui était le sien en fin 2020 et les craintes qui l’habitent désormais pour la nouvelle année.

Parlant d’optimisme, celui du président de la Commission de la Cemac se fondait, entre autres sources, sur les conclusions du Rapport sur la politique monétaire de décembre 2020 de la Beac. Dans le document publié le 24 décembre dernier, il est en effet clairement indiqué qu’ «à moyen terme, le taux de croissance du PIB réel de la Cemac progresserait à 2,8% en 2021, 3,2% en 2022 et 3,3% en 2023, après une contraction de 2,9% en 2020, grâce principalement aux performances du secteur non pétrolier».

Seulement, le Pr Daniel Ona Ondo craint désormais et le fait savoir, que «l’évolution de l’économie mondiale, dont on sait qu’elle pourrait pâtir à nouveau de la restauration des mesures de confinement, n’impacte négativement ces prévisions optimistes», révèle le magazine. Toute chose qui justifie, en tout cas, son nouvel appel à la poursuite des efforts de diversification des économies pour les rendre plus résilientes et moins dépendantes des chocs extérieurs.

Théodore Ayissi Ayissi

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