Pénurie des médicaments : La Cename tend la main en direction du gouvernement

La mal gouvernance et le faible taux de recouvrement sont autant de maux qui empêchent la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels, d’assurer avec efficacité la distribution des médicaments dans les formations sanitaires. 

 

La Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename) se porte mal. Elle ne peut plus exercer de façon optimale sa mission régalienne, à savoir rendre disponible les médicaments et autres dispositifs essentiels.  Pour remédier à cette situation qui paralyse la structure, le directeur général de la Cename a d’abord tenu à présenter l’étendue des difficultés. «Nous avons trouvé une structure affaiblie par les difficultés de trésorerie et une image peu reluisante. Les fournisseurs se plaignent du non-règlement de leurs factures échues, tandis que les clients déplorent la faible disponibilité des produits pharmaceutiques», a constaté le Dr Vandi Deli dans les colonnes du Trihebdomadaire Echos Santé.

Les autres causes du dysfonctionnement de la Cename sont liées à la pandémie de Covid-19, qui a beaucoup affecté le secteur pharmaceutique. «De façon générale, nous pouvons constater que le secteur pharmaceutique n’a pas été épargné par les conséquences de la pandémie de la Covid-19, qui a eu pour corollaire, la faible disponibilité de certains produits pharmaceutiques à travers le monde, surtout dans les pays peu producteurs comme le nôtre». Et de poursuivre : «A cela nous pouvons ajouter les difficultés de la Centrale, notamment le faible respect du Syname (Système national d’approvisionnement en médicaments essentiels), le phénomène de la vente illicite des médicaments, la concurrence déloyale de certains acteurs, la lourdeur des procédures d’acquisition des médicaments, la Cename ne disposant pas d’une commission de passation des marchés spéciaux au vu du caractère urgent du médicament. Le faible taux de recouvrement qui entraine des problèmes de trésorerie et le faible taux de technicité». 

A ces multiples griefs, s’ajoutent les problèmes inhérents à la gouvernance. «Nous pouvons tout de même vous rassurer de ce que la gouvernance est un élément indispensable de tout système de gestion. C’est la raison pour laquelle nous orientons notre gestion sur l’essentiel qui est la ressource humaine compétente, assidue, dévouée et respectueuse des procédures et des normes de gestion en vigueur»,  confie le  directeur général de la  Cename.

Ebauches de solutions

La pénurie des médicaments dans les formations  sanitaires n’est pas de nature à contenter les patients.  A cet effet le responsable de la structure  propose des ébauches de solutions pour sortir la Cename de la crise. «Tout d’abord, nous allons rétablir la relation de confiance avec les fournisseurs pour leur manifester l’assurance à procéder au paiement de leurs factures échues. Un élément important consiste à mener un plaidoyer à l’endroit du gouvernement afin de pouvoir améliorer la capacité de recouvrement des créances énormes (près de 10 milliards FCFA) de la structure.  Le recouvrement desdites créances permettra de redonner une santé financière à la Cename, afin de régulariser sa situation vis-à-vis des fournisseurs», explique le Dr Vandi Deli. Un autre aspect est celui lié à la restructuration de la Centrale par le renforcement du taux de technicité pour une bonne gestion, un stockage et un meilleur circuit logistique. Il est également important de rendre plus fluide et diligent, le processus d’acquisition des médicaments (qui sont pour la plupart des produits d’urgence) à travers la mise sur pied par le gouvernement des mesures appropriées. En interne nous procèderons à la révision de certains documents stratégiques (manuels de procédures) pour améliorer la  performance par la réduction des délais de traitement des factures  et de livraison.  «Nous avons déjà amorcé le changement par la désignation de nouveaux responsables dans la structure et nous comptons renforcer les capacités du personnel par des formations techniques et administratives», ajoute le directeur général de la Cename.

Toutes ces mesures certes innovantes pour le directeur général, sont des panacées qui sont de nature à rendre la structure plus performante, afin qu’elle retrouve ses lettres de noblesse et se repositionne en maillon indispensable dans le Syname pour une réussite sans faille de la Couverture Santé Universelle (CSU) qui n’aurait de sens que si le médicament de qualité est disponible et accessible à toutes les populations camerounaises.

Olivier Mbessité

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