Sahel Business Week : Une semaine pour refaire l’économie du Septentrion

Porté par la microfinance Crédit du Sahel, le concept officiellement lancé ce 3 juillet 2019 à Yaoundé vise à favoriser le développement tiré par les acteurs privés.

Daniel Kalbassou : Directeur général du Crédit du Sahel

Dans les régions septentrionales du Cameroun, le tableau post-Boko Haram n’inspire pas de perspective réjouissante. En avril 2019, l’Ong International Crisis Group pointait à 74% (contre 37,5% au niveau national) le taux de la population vivant sous le seuil de pauvreté dans l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord du pays. « Si rien n’est fait,  les conditions de vie des populations vont davantage se détériorer », prévient Daniel Kalbassou. En conférence de presse ce 2 juillet 2019 à Yaoundé, le directeur général du Crédit du Sahel appelle les fils du Septentrion à se prendre en charge. « Aux côtés des pouvoirs publics, il nous appartient de faire reculer la pauvreté dans le Septentrion ! », exhorte l’ancien député à l’Assemblée nationale du Cameroun.

Disposant d’une bonne connaissance des enjeux générationnels, des traditions économiques locales et de leurs mutations dans le temps, le banquier et son équipe portent le concept « Sahel Business Week ». Décliné en conférences-débats, expositions et spectacles, l’événement a pour se déroule successivement à Maroua (Extrême-Nord), Garoua (Nord) et Ngaoundéré (Adamaoua). « Pendant cette caravane, il est question de promouvoir la mise en œuvre des politiques de développement conciliant intégration à l’économie nationale et nécessaire respect des façons de faire locales, facteurs de résilience aux conflits », détaille Daniel Kalbassou face aux journalistes.

Ainsi posé, Sahel Business Week fait la part belle à l’inclusion et à la participation des populations et de toutes les élites (commerçantes, politiques, intellectuelles, religieuses). « L’inclusion dont il s’agit devrait apporter un plus grand soutien aux initiatives économiques des femmes et des jeunes, ainsi qu’un appui particulier aux communautés les plus fragilisées par le conflit et aux catégories autrefois actives que le conflit a rendues vulnérables », renseigne le DG de Crédit du Sahel. L’enjeu, ajoute-t-il est de  le développement d’une économie locale tirée par le secteur privé (TPE, PME, PMI).

Au Septentrion, un terrain où résident un peu plus de 80% de sa clientèle, la microfinance entend également lancer quelques projets d’électrification rurale. A côté,  annonce Daniel Kalbassou, le Crédit du Sahel va expliquer la digitalisation de ses services aux clients. « Crédit du Sahel  intègre la banque numérique, c’est-à-dire lancer son programme de banque mobile, d’agency banking où on aura dans chaque village, dans chaque quartier, des représentants capables de faire des opérations à partir de son téléphone », situe son fondateur.  Bien plus, Sahel Business Week sert de canal de communication sur le potentiel du Grand-Nord, sur ce qui y est fait et tout ce qu’il reste à y faire. Sur cette ligne, pouvoirs publics, industriels, porteurs de projets, patronat, institutions internationales et médias sont ciblés.

Pour davantage donner de la hauteur et de la couleur à cette campagne où sont attendues près de 60 000 personnes, quelques grandes figures du Septentrion accompagnent Sahel Business Week. Parmi elles : les journalistes Haman Mana, Ibrahim Cherif, Atta Badyne Oumar. Last but not the least, Aissa Doumara Ngantassou (1ère lauréate du Prix Simone Veil) arbore la tunique de marraine de l’événement.

Créé en 1997 avec un capital de 20 millions FCFA, Crédit du Sahel  a géré à peu prés 17 milliards FCFA en 2016.

 

Jean-René Meva’a Amougou

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