Concours administratifs : Les groupes de préparation ont le vent en poupe!

Dans le pays, les groupes de préparation aux concours officiels, rivalisent tant par leur nombre, par leur taille que par la qualité des encadreurs engagés.

 

 

François A. tient un groupe de préparation aux concours d’entrée dans les grandes écoles. Mais principalement, ceux ouvrant les portes de l’Institut de relations internationales du Cameroun (Iric) et de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) de l’Université de Yaoundé II. Au sein du groupe «L’Anecdote» qu’il a mis en place il y a cinq ans avec des étudiants issus de ces Ecoles, François encadre une quinzaine d’étudiants depuis deux mois. «Ces deux concours ont la particularité d’exiger une bonne culture générale et une certaine ouverture d’esprit de la part des élèves. Or certains, surtout ceux venus des lycées, ne les ont pas encore. Alors, on a des cours que nous préparons qui leur permettent de se familiariser avec les institutions nationales et internationales. Nous leur donnons des exposés à faire eux-mêmes sur des sujets d’actualité, selon le modèle des épreuves des deux concours», explique François A.

À Douala, Gabriel Fotsing se glorifie d’avoir enregistré de bons résultats aux dernières sessions des concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique (Enset) et de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec). Quelques sept apprenants soumis à sa formation au sein du groupe «Les laborieux» y ont accès sur la vingtaine reçue.  «Ce n’est pas facile d’avoir un tel résultat d’abord. Et comme toujours, ce sont principalement les nouveaux bacheliers qui réussissent, parce qu’ils font confiance aux encadreurs que nous sommes. Ils écoutent et appliquent à la lettre les recommandations tandis que les étudiants n’en font souvent qu’à leur tête. Ils pensent tout savoir», explique-t-il.

Pour l’exercice de ses fonctions, cet enseignant d’un autre genre jouit de locaux locatifs équipés au mieux pour assurer un certain confort. Chaises avec dossier et tables individuelles, ainsi que deux salles ventilées servent de marqueurs aux prix pratiqués par cet établissement. 15 000 FCFA de frais d’inscription et 50 000 FCFA pour les activités menées le mercredi, vendredi et samedi. Les autres jours de la semaine, des usagers y affluent pour des cours de langues anglaise et française.

 

L’Etat psychologique au-delà de l’intellect

«Je prépare le concours d’entrée à l’Esstic. Je ne savais pas ce que c’est que la synthèse de documents. Avec les cours de préparation que je suis, je sais à quoi m’attendre, or j’avais fait des recherches sur Internet, mais je n’arrivais à rien. Mon père a donc décidé de m’envoyer faire les cours», confie Inès Badjeck, ancienne élève du Lycée de Deïdo.

Les concours officiels pour le compte de l’année 2022 sont ouverts au Cameroun depuis le 20 juillet. Les derniers en la matière auront lieu au mois de novembre prochain, selon le calendrier officiel rendu public par le ministère de l’Enseignement supérieur.  Dans les grandes villes, les promoteurs des groupes de préparation se font la maille. Au chapelet des raisons qui expliquent cet attrait des jeunes, se trouve la préparation psychologique des candidats. «Toute la semaine surpassée, on a simulé la phase de l’oral du concours de l’Esstic. Chacun de nous y est passé. On devait tirer un sujet au choix et le traiter en cinq minutes avant de le présenter devant le jury. Les encadreurs ont fait venir des enseignants juste pour ça, donc j’avais de nouveaux visages devant moi, c’était dur. Moi j’ai beaucoup apprécié parce que c’est une étape du concours qui me faisait peur. Quand c’est l’épreuve écrite, tu es seule devant ta copie, mais quand c’est l’oral c’est autre chose», ajoute Inès B. Corrections d’anciens sujets, exposés oraux, cours magistraux, exercices d’application, commentaires d’ouvrages et d’articles de presse, sont au menu des activités auxquels sont soumis les candidats dans le cadre des activités des groupes de préparation. Mais bien souvent, Il en faut plus pour satisfaire aux attentes de ces derniers. «Certains ont des difficultés à avancer dans la préparation quand ils sont seuls. J’ai déjà eu des cas où l’élève, soit parce qu’elle est un peu paresseuse ou parce qu’elle est perdue, ne parvient même pas à faire ses exercices à la maison. Quand je m’en rends compte, cet élève est sûr qu’il ne va pas rentrer ce jour-là sans avoir fait l’exercice en question», indique Philippe N. encadreur au groupe «Le juriste » à Essos.

 

Louise Nsana

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