Insécurité : Vers la grève des enseignants de l’Université de Bamenda ?

Les seigneurs de la craie envisagent un mouvement de débrayage dans les prochains jours.


Le syndicat des enseignants du supérieur (Synes), du moins son antenne de l’Université de Bamenda (Synes-UBa), menace d’entrer en grève si d’ici le 29 octobre 2021, les autorités ne réagissent pas favorablement à leur doléance. Il s’agit de réhabiliter le tronçon Bambui-Bambili devenu une trappe, mieux un guet-apens qu’utilisent des hommes armés pour procéder aux enlèvements des enseignants et staff de ladite université.

Les derniers en date étant le kidnapping de trois enseignants de cette université. Un préavis de grève vient d’être adressé dans ce sens aux autorités. «Étant donné les séquelles, conséquence des enlèvements des enseignants et staff de l’Université de Bamenda en général et considérant la détermination et la résilience que nous avons jusqu’ici exhibées en adaptant en presque cinq ans notre situation de travail en vue de ramifier les circonstances actuelles endurées de la crise sociopolitique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest», précise le Prof Michael Kpughe Lang dans ce préavis.

C’est «considérant le besoin d’optimiser les stratégies sécuritaires en vue de minimiser certains risques associés aux incessants kidnappings et paiements de rançons incalculables comme mesures visant à libérer des enseignants de leurs lieux de captivité irrationnelle où leurs vies sont en danger», que le mouvement d’humeur est envisagé.

Selon le Prof, «l’Assemblée générale du Synes-UBa tenue en session extraordinaire le mardi 12 octobre 2021, a passé en revue le climat d’insécurité auquel fait face le staff académique, singulièrement sur le trajet en partance ou en provenance du campus». À l’en croire, la réunion de crise d’urgence a été provoquée par l’enlèvement de «trois de nos collègues par des hommes armés non identifiés sur l’axe Bambui-Bambili. Lesquels enseignants ont été happés manu-militari et par la suite incriminés de dispenser des enseignements dans un soi-disant contexte d’interdiction dans leur territoire».

Cote d’alerte
Si pour les syndicalistes du Synes-UBa, précise le préavis de grève, «ces trois collègues sont justes la portion négligeable des enseignants enlevés ou coincés dans des tirs nourris entre belligérants», il n’en demeure pas moins que la cote d’alerte est atteinte.

«Bien que nous ne sommes pas indifférents aux mesures prises jusque-là par la hiérarchie universitaire et les autorités administratives régionales par extension, pour minimiser les risques quotidiens que nous gérons avec résilience, nous notons néanmoins qu’un nouveau risque se signale du fait de l’abandon du tronçon de la route Bambui-Bambili», remarque le Prof Michael Kpughe Lang. Pour ce dernier, «des nids de poules servent actuellement de piège facilitant aux hommes armés informels l’encerclement des véhicules et le kidnapping du staff enseignant universitaire».

Pour pallier à cela, suggèrent le syndicalistes, «nous croyons que si cette route est réhabilitée et rend la circulation fluide, cela va considérablement réduire la possibilité aux ravisseurs d’intercepter les véhicules de passage». Dans le cas contraire «nous entrevoyons une nouvelle zone d’enlèvement sur la route délabrée « A’ qui mène vers le campus de CCAST abritant les trois principales facultés».

De ce fait, les enseignants suggèrent aux autorités de réhabiliter ces routes sans quoi, les enseignants vont déposer la craie au terme des dix jours (du 18 au 29 octobre 2021) accordés aux pouvoirs publics pour solutionner ce problème. Les autorités administratives ont là un autre grain à moudre.

Zéphirin Fotso Kamga

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