Passeport biométrique : Les détails du contrat entre le Cameroun et le consortium INCM-Augentic

Après un investissement de 13 milliards FCFA, les concessionnaires du service de production des nouveaux documents de voyage camerounais devraient générer un chiffre d’affaires de plus de 131 milliards FCFA en 10 ans.

Le passeport biométrique ouvre la voie à un partenariat très diversifié.

Près de 10 mois après la signature du contrat pour la production des passeports biométriques, on en sait un peu plus. C’est le consortium constitué de l’Imprimerie nationale et monnaie du Portugal (INCM) et la société allemande AUGENTIC qui a été choisi pour accompagner la République du Cameroun dans la modernisation du passeport biométrique et son processus de délivrance. Ce contrat a été signé le 17 septembre 2020 à Yaoundé entre Martin Mbarga Nguele, le délégué général à la Sûreté nationale (DGSN) et Labinot Carreti, Président directeur général (PDG) d’Augentic et, représentant du groupement. Il est valable pour les « 10 prochaines années et a une valeur de 200 millions d’euros (environ 131,193 milliards de FCFA, NDLR) » , renseigne le consortium dans un document dont Intégration a obtenu copie, soit 13,1 FCFA par an.

13 milliards pour
la phase première Le projet comprend trois phases, entièrement financées par le consortium INCM-AUGENTIC suivant le modèle « Construire, exploiter et transférer ». La première phase résulte d’un investissement de 20 millions d’euros (environ 13,11 milliards FCFA). Les fonds sont alloués à la mise sur pied de toute l’infrastructure de délivrance de nouveaux passeports avec un centre d’enregistrement et de personnalisation ainsi qu’un centre de données de pointe à Yaoundé, un centre moderne d’enregistrement à Douala, la rénovation ou la construction de huit autres centres régionaux et de plusieurs postes dans les principales ambassades et consulats camerounais à travers le monde.

La prochaine phase, apprend-on, prévoit la création de nouveaux emplois dans le domaine de la haute technologie. Un système logistique optimisé pour permettre la délivrance de passeports biométriques dans le pays en moins 48 heures. Enfin, en fin de contrat, la phase transfert de l’ensemble de la solution aux autorités camerounaises. Toujours, selon INCM, fournisseur portugais de solutions d’identité haut de gamme et de haute sécurité, « ce contrat représente, pour l’INCM, une étape pertinente dans l’exportation de biens et technologies de pointe, correspondant à lui seul à une augmentation de 5% du volume des ventes annuelles. (…) Mettre cet « arsenal » au service des autres pays comme la République du Cameroun est non seulement une source de fierté mais aussi une mission de cette institution ».

Pas pour « vos beaux yeux »
Ce contrat a engendré la hausse du prix du passeport camerounais. C’est ce qu’il ressort des explications données par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, aux députés le 18 juin 2021 à l’Assemblée nationale lors de la session ordinaire du mois de juin. D’après le Minfi, on peut retenir que la hausse du prix du passeport résulte des dépenses que va engager le prestataire pour sa confection. « Je crois que la chose la plus importante est de dire que le passeport va se faire sous un nouveau régime. Le régime du partenariat public-privé. C’est-à-dire que vous avez un prestataire qui va engager des dépenses pour la production du passeport. Personne ne va venir faire des dépenses pour vos beaux yeux. Donc ce prestataire a besoin d’être rémunéré sur la base du travail qu’il a fait et du fait qu’il a engagé ses propres dépenses. Donc, ce n’est plus l’État qui dépense, c’est le prestataire qui dépense son argent et qui a besoin d’être rémunéré », a expliqué Louis Paul Motaze.

Landry Kamdem

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