Election présidentielle : la Conac traque la corruption

Aux alentours des bureaux de vote, l’institution de lutte contre la corruption  a déployé ses agents ce 7 octobre 2018.

Nkoabang, dans la banlieue de la capitale, une histoire tient en haleine quelques jeunes gens à une cinquantaine de mètres d’un bureau de vote. Débité en alternance par deux hommes et une femme, le récit s’attarde sur le comment deux hommes sont tombés amoureux d’une même voisine.  «Contre toute attente, ladite femme a choisi le prétendant qui ne lui donnait pas d’argent», conclut l’un des bolides, «témoin de l’affaire», selon ses propres mots.

La moralité aussitôt enchaînée établit le lien entre l’élection de ce 7 octobre  2018. «Pas besoin de choisir le camp de ceux qui vous donne de l’argent à la sortie du bureau de vote», avertit l’unique femme du trio.

A gratter un peu, ce n’est pas d’assez bonne grâce que nos interlocuteurs répondent aux questions. Une scène se charge de le faire à leur place. Elle signe un jeu au cours duquel une enveloppe est remise à un homme contre une paperasse multicolore. «Arrêtez, Monsieur. Conac !», entend-on. Rancœur du donateur, rage du receveur de l’enveloppe. Dans la violence verbale, les deux sont conduits au poste de gendarmerie.

Au cours de leur audition préliminaire, l’un et l’autre déclinent les clauses du deal ficelé pendant la campagne électorale. «Contre les bulletins des candidats que je n’ai pas votés, le président m’a promis 2 000 francs», déballe ce «militant». Des cas comme celui-ci, on en a recensés une dizaine dans le giron urbain de Nkoabang, selon des informations recoupées par  les pandores, peu avant 11 heures.

Dans la foulée, l’on apprend que tout comme dans les encablures de plusieurs bureaux de vote, la Commission nationale anti-corruption a déployé ses agents.   Discrètement, ces derniers traquent «tout commerce électoral». Si quelques-uns sont facilement identifiables par leurs gadgets, d’autres le sont moins.

Pour mieux «travailler, ceux-ci optent même d’avoir une mine chiffonnée. Pour adoucir le propos, quelqu’un parmi eux renseigne que « la pratique d’échange des bulletins de vote contre de l’argent au sortir des bureaux de vote est un acte de corruption». «On l’a connu par le passé, ajoute-t-il. En oeuvrant en sourdine, nous participons à la transparence du scrutin».

Jean-René Meva’a Amougou

 

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