En finir avec le tout pétrole en Guinée Equatoriale

Lorsque la chute du prix du Brent est enclenchée en mi-2014, la Guinée Equatoriale est le pays de la Cemac le plus dépendant du pétrole.

Remise du consensus de Douala au Ministre délégué des Affaires étrangères de la Guinée Équatoriale par le Directeur sous régional de la CEA.

Selon les chiffres de la Banque mondiale, ce minerai représente 98% des exportations du pays. L’or noir pèse en plus 93% des recettes totales et 23% du PIB. La crise actuelle frappe de plein fouet Malabo. Depuis 2015, le pays est en récession. Les taux de croissances enregistrés depuis lors sont négatifs: -9,5 en 2015 ; -8,9 en 2016 et -2,6 en 2017. Cette situation aurait fait entendre raison aux autorités équatoguinéenes qui viennent de s’engager à diversifier l’économie du pays.

Le 12 juillet dernier, un dialogue de haut niveau, entre les membres du gouvernement, technocrates publics, acteurs du secteur privé et acteurs non étatiques sous l’encadrement de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), a eu lieu à Malabo. A l’occasion, les parties prenantes ont convenu que les difficultés macroéconomiques liées à la chute des cours du pétrole doivent inspirer l’industrialisation et la diversification de sa base de production comme alternatives sûres pour le développement durable du pays.

Approches
«J’ai dit à mes collaborateurs que le Consensus de Douala doit être la base de notre plan d’action industriel, car il couvre tout ce dont nous avons besoin» déclare Cesar Hinestrosa Gomez, secrétaire d’Etat à l’industrie et à l’énergie. De son évaluation, la faible coordination et cohérence des politiques entre les différents départements ministériels constitue l’une des difficultés de la Guinée Equatoriale. Plusieurs chantiers sont déjà en maturation dans le pays. On cite notamment, le rajeunissement et le renforcement des capacités de la main d’œuvre agricole, l’amélioration des produits agricoles organiques ainsi que leur accessibilité, la capitalisation de la couverture optimale de la fibre optique.

Pour la CEA, le succès d’une politique industrielle requiert une approche pragmatique du développement, avec un solide pôle de coordination de l’industrialisation et de la diversification, contrôlé par les plus hautes autorités de l’État. Deux illustrations ont été proposées aux membres du gouvernement équato-guinéen : l’Éthiopie (succès dans les secteurs manufacturiers du cuir, textile et vêtements, fleurs et ciment) et le Rwanda (boom de ses services basés sur les TIC et le développement de son secteur touristique).

Zacharie Roger Mbarga

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