Tôles de deuxième main: la demande atteint des plafonds

Les consommateurs se ruent vers ce produit pour satisfaire leurs besoins. Dans le même temps, de nombreux jeunes ont fait de la vente de tôles vétustes leur gagne-pain quotidien

Les matériaux de construction sont rares dans les quincailleries. Et le prix de certains de ceux disponibles a connu une inflation. Pour pallier ce problème, les consommateurs se ruent vers les matériaux de deuxième main. C’est le cas des tôles vétustes qui sont très sollicitées au lieu-dit Tsinga dans l’arrondissement de Yaoundé 2ème. Dans ces «nouvelles quincailleries de proximité», les acheteurs trouvent leur compte. D’ailleurs, on peut observer au quotidien les allées et venues des femmes et messieurs auprès des vendeurs. Le prix des tôles est fonction de la largeur et du grammage. Les tôles de 3 mètres coûtent 8500 FCFA et le dernier prix est fixé à 7500 FCFA. Les tôles de 2 mètres coûtent entre 6500 FCFA et 5000 FCFA. «Il y a tout type de tôles pour la construction», précise un vendeur. Et de poursuivre: «les tôles sont achetées en fonction du projet de chacun, il y a ceux qui veulent des tôles neuves, certainement pour construire leurs maisons, il y a ceux qui achètent pour construire un local pour les animaux, bref, pour l’élevage des bovins et de la volaille. Donc, voilà les raisons qui animent les uns et autres à se mobiliser vers ce secteur d’activité pour se ravitailler».

S’il est vrai que ces tôles sont sollicitées, les vendeurs font de la provenance un mystère. Sur cette question, notre interlocuteur n’a pas voulu s’exprimer. D’ailleurs, il s’est fait admonester par l’un de ses collègues qui a interrompu notre conversation. Il lui a donné l’ordre de ne donner aucune information sur le sujet. Toute chose qui laisse croire que le circuit de distribution reste obscur. À l’occasion d’une rencontre avec d’autres vendeurs, la gêne se ressent. La question de la provenance des tôles est un tabou. Pour certains, ce sont les jeunes qui viennent leurs proposer l’article. «Nous recevons des colis de certains jeunes qui viennent nous proposer la marchandise, nous discutons sur le prix, nous achetons pour les revendre, comme vous pouvez même le constater», explique un vendeur ayant requis l’anonymat.

Difficultés
La vente des tôles de seconde main est rentable, elle permet de subvenir aux besoins existentiels. Mais comme dans tous les métiers, il y a des difficultés. Parmi celles-ci, on évoque les cas de vol de tôles. «C’est notre quotidien, il nous arrive de faire face aux personnes qui disent avoir été victimes de vols dans leur domicile, on finit par trouver une entente pour nous arranger, puisque nous recevons ces tôles des jeunes et adultes à la recherche de quoi manger», fait savoir un autre vendeur. Et de conclure: «il n’est pas aisé d’exercer ce travail de vente de tôle de seconde main, mais on le fait pour subvenir à nos besoins, c’est ainsi que nous parvenons à nourrir nos familles».

Olivier Mbessité

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