Équation pays par critère de convergence

Sur les critères de taux de croissance du PIB, de taux d’inflation, de la balance des paiements, du déficit du solde budgétaire et de la dette publique extérieure, les performances de chaque État de la Cemac sont à l’image de son profil et de son potentiel.

De façon globale, selon que le pays de la Cemac considéré présente une économie diversifiée ou non, il a de fortes chances de remplir la plupart des critères de convergence ou au contraire d’échouer à le faire. C’est le constat que permet de faire aussi bien le Bulletin économique et statistique que le Rapport sur la politique monétaire de la Beac.

Taux de croissance et d’inflation
2021 devrait être meilleure pour la sous-région sur la plupart des indicateurs. Cependant, les États de la Cemac ne contribueront dans les mêmes proportions à la consolidation de la croissance. De fait, la Banque centrale observe que «le Cameroun fait figure d’exception dans la zone, notamment en affichant un dynamisme favorable de son activité au cours du premier trimestre (contribution de 2,3 points à la croissance de l’ICAE (Indicateur composite des activités économiques, NDLR)) au T1/2021)».

Cela dit, «les apports à la croissance de l’ICAE seront à nouveau positifs pour la Guinée Équatoriale, le Gabon et le Tchad (+4,7 points, +1,2 point et +1,0 point respectivement). Le Congo ne devrait pas connaître de rebond sensible au premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2020, soulignant la sévérité de la crise dans le pays. Enfin, seule la République Centrafricaine devrait contribuer négativement à la croissance de l’ICAE Cemac en glissement annuel sur l’ensemble du premier semestre 2021», fait savoir la Beac.

S’agissant des projections du taux de croissance réel du PIB en 2021, le Cameroun présente le plus fort taux (3,1%), suivi de la Guinée Équatoriale (2,6%), du Tchad (2,5%) et du Gabon (1,5%). Le Congo et la RCA présente respectivement un taux de croissance négatif de l’ordre de -2,0% et -7,9%. Au niveau communautaire les dernières prévisions de la Beac indiquent «un taux de croissance du PIB réel de 1,3%; et une légère hausse des tensions inflationnistes à 2,7%».

En termes d’inflation justement, quatre pays sur six, ont réussi à maintenir le taux en-dessous de 3% en 2020. Il s’agit du Cameroun (2,4%), de la RCA (2,1%), du Congo (1,8%) et du Gabon (1,7%). Pour ce qui est de la Guinée Équatoriale, elle a affiché un taux d’inflation en 2020 de l’ordre 4,9%. Pendant que le Tchad, lui, se situait à 4,5%.

Déficit du solde budgétaire
La norme depuis 2016 étant un plancher de -1,5% du PIB pour le solde budgétaire, la Beac commence par faire un constat alarmant. «Le déficit du solde budgétaire base engagement, dons compris, s’est creusé à -2,9% du PIB en 2020, après -0,1% du PIB en 2019 (+ 2,8 points)». Ce qui implique que la sous-région a échoué à se conformer au Cadre de convergence régional.

Par pays, on note toutefois des disparités. À en croire le Bulletin économique et statistique de la Banque centrale «le déficit est réapparu en Guinée Équatoriale (-3,2% du PIB, contre 1,8% du PIB en 2019), au Gabon (-3,0% du PIB, contre 1,4% du PIB en 2019), au Congo (-1,6% du PIB, après 5,3% du PIB en 2019) et en République Centrafricaine (-1,2% du PIB, contre 1,4% du PIB en 2019)». Sur la foi de ces indications, la RCA a donc réussi à se maintenir à flot. Au même titre que le Tchad où les déficits se sont contractés, passant à -0,4% du PIB en 2020, contre -0,6% du PIB en 2019. Au Cameroun enfin, «les déficits se sont accrus au Cameroun pour s’établir à -3,9% du PIB, contre -3,2% du PIB en 2019», déplore la Beac.

Dettes publiques extérieures
En 2020, seul le Congo a présenté un encours de la dette publique (intérieure et extérieure) sur PIB nominal supérieur aux 70% autorisés. Cet encours s’est situé précisément à 74,8%. Selon les prévisions pour 2021, il devrait toutefois être ramené à 63,6%. Ce qui reste tout de même inquiétant.

Pour ce qui est des autres pays de la Cemac, l’encours s’est situé à 31,2% en 2020 pour le Cameroun avec une projection en 2021 de l’ordre 32,1%; à 24,1% pour la RCA avec des prévisions s’établissant à 28,3% en 2021; et à 43% pour le Gabon avec des perspectives indiquant 38,5% pour l’exercice en cours.

En 2020, l’encours de la dette publique extérieure de la Guinée Équatoriale s’est établi à 10,5%. Il sera de 8,6 en 2021. Au Tchad, il était l’année dernière à 25,4% du PIB, les prévisions l’annoncent à 24,6% cette année.

Balance des paiements
«L’évolution du solde du compte des transactions courantes des pays membres de la Cemac s’est traduite en 2020, par un accroissement du déficit des transactions courantes, dons officiels inclus, qui est passé de 3,5 % du PIB en 2019 à 5,4 % du PIB un an plus tard (- 2,0 points)». Dans son Bulletin économique et statistique, la Banque centrale explique ce creusement par «l’effet conjugué de la faiblesse de la demande mondiale et des cours du pétrole, ainsi que des perturbations des chaînes d’approvisionnement des produits dans les pays fournisseurs de la Cemac, en raison de la crise de la Covid- 19».

À l’échelle de chaque pays, la Beac a alors relevé «la situation des opérations avec l’extérieur s’est dégradée au Tchad (-14,7% du PIB, contre -9,7% du PIB en 2019), en République Centrafricaine (-7,2% du PIB, contre -6,5% du PIB en 2019), au Gabon (- 6,1% du PIB, contre – 2,6% du PIB en 2019), au Cameroun (- 4,9% du PIB, contre – 4,4% du PIB en 2019) et en Guinée Equatoriale (-4,2% du PIB, contre – 0,9% du PIB en 2019)». En Congo par contre, l’institution bancaire sous-régionale a noté pour s’en satisfaire une contraction du déficit. Il est passé en 2020 à -0,3% du PIB, après -0,8% du PIB en 2019.

Théodore Ayissi Ayissi

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