Parlement panafricain: Nkodo Dang veut rempiler à la présidence

Le renouvellement du Parlement panafricain, et partant de son bureau exécutif, est prévu pour le mois de mai prochain. Le Cameroun, au travers du président sortant, espère briguer un second mandat à la tête de la représentation continentale.

Le Camerounais Roger Nkodo Dang, président sortant du Pap.

«Nous avons un bilan à défendre» tranche le député camerounais Roger Nkodo Dang pour légitimer sa candidature à un second mandat de président du parlement panafricain. Entre le 07 et le 19 mai prochain, le Parlement panafricain (Pap) verra son personnel politique renouvelé. Adoubé jusqu’ici par certaines chambres et exécutifs de chambres africaines dont l’Afrique centrale, Roger Nkodo se présente pour un nouveau bail à la tête d’une institution sous exploitée.

Dans son escarcelle, le candidat au perchoir continental est crédité d’un dynamisme certain. Arrivé à la tête de l’institution continentale en 2015 après trois années de vice-présidence, il a su, non sans difficultés, donner de la résonance à une institution longtemps restée dans l’ombre de la commission de l’Union africaine (UA). On retient par exemple ce plaidoyer politique auprès des chefs d’Etat pour la ratification du protocole à l’Acte constitutif de l’UA relatif au Parlement panafricain, adopté le 27 juin 2014 à Malabo (Guinée Equatoriale).

L’organisation de réunion thématique sur le rôle du Pap dans la modification du paradigme de l’intégration continentale africaine (du politique au formel) et l’intensification de l’intégration socioéconomique (mise en œuvre des projets intégrateurs). L’institution a également dynamisé son ouverture sur l’international avec des prises paroles telles que lors du sommet UA-UE d’Abidjan (Côte d’Ivoire 2017), la contribution victorieuse à la levée des sanctions économiques sur le Soudan. Le positionnement international s’est légèrement amélioré avec des apparitions dans les institutions parlementaires telles l’union parlementaire de la Francophonie, le parlement européen, l’assemblée nationale française.

Défis

Des actions somme toutes énergiques mais bien loin d’installer l’institution sur les rails de sa pleine opérationnalisation. Pour en arriver là, nombre de défis interpelle encore le Parlement panafricain. Le principal renvoie à la valeur ajoutée. En tant que représentation continentale, il devrait être la voix des sans voix. L’outil de contrôle citoyen sur le processus d’intégration continentale.

Fort bien hélas, relégué au rang d’organe consultatif dont les recommandations sont très peu suivies, l’institution semble vouée à demeurer une caisse de résonance ; un éléphant blanc politico-institutionnel ! Certains parlementaires s’en offusquaient déjà lors de la dernière session d’octobre 2017. «A chaque fois qu’on est ici, on s’agite sur la même préoccupation. Si on ne peut pas légiférer, ce n’est pas la peine d’être là!», c’est par exemple emporté Corneille Padonou, membre béninois de cette chambre.

Le rôle du Pap est d’être un organe politique indépendant doté de compétences législatives, de contrôle et de surveillance budgétaire. Cette mutation du parlement pourrait être remplie avec la ratification du protocole de Malabo par les Etats et le dépôt de 28 instruments. L’identification aux citoyens qu’il représente passerait pertinemment à une élection au suffrage universel direct. Ceci pour véritablement rentrer dans les vêtements de sa devise «une Afrique, une voix».

 

Zacharie Roger Mbarga

 

 

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