Opération ville propre à Douala : Place nette à Akwa

Dans le cadre de cette phase répressive, un arrêté signé du maire de la ville fixe également les amendes en fonction des délits commis.

L’action de la mairie de la ville diversement appréciée à Douala.

C’est un visage tout nouveau qu’offre la capitale économique du Cameroun. De gré ou de force, Douala va redevenir une ville attrayante. L’autorité municipale a frappé du poing sur la table. Des sanctions tomberont dorénavant. Il s’agit des amendes allant de 10 000 FCFA à 250 000 FCFA en fonction du délit commis. Les sanctions rentrent dans le cadre de l’implémentation du programme «Restituer le trottoir aux piétons» qui a pris effet le 22 juin dernier.

Un arrêté signé du maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndine fixe à cet effet les amendes en fonction des infractions commises. En plus des trottoirs, cette initiative vise la libération des autres emprises du domaine public occupées de manière anarchique et illégale par diverses activités informelles.

Le lieu-dit Douche municipale à Akwa dont les flancs de rue ont été libérés constituent un exemple. Il permet de visualiser ce qui sera implanté dans les axes de la métropole, n’en déplaise aux occupants de ces espaces. «Je n’ai pas d’argent pour louer une boutique. C’est la raison pour laquelle j’occupe le trottoir.

Maintenant qu’on nous chasse, comment allons-nous faire avec les enfants à la maison ? Si on me demande de payer une amende de 25000 FCFA, je ne pourrai même pas la payer parce que cette somme est au-dessus de mon capital», explique une commerçante. Les commerçants occupant des boutiques formulent également des inquiétudes. «Les commerçants chassés sur le trottoir nous faisaient énormément de recette parce qu’ils achetaient les marchandises en gros, ce qui nous permettait de vite écouler nos stocks et commander d’autres. Avec cette situation, les choses deviendront de plus en plus compliquées pour nous», se lamente Richard.

L’opération «Restituer le trottoir aux piétons» est pourtant bien accueillie par d’autres usagers. «Cela faisait longtemps que je n’avais plus vu la Douche municipale dans cet état, aussi propre et aérée. On peut marcher sans se frotter les uns aux autres. Les vols récurrents vont aussi diminuer. Cela fait plaisir», déclare toute émue Simone.

Dans le cadre de la professionnalisation et de la sécurisation des secteurs des transports urbains, il était également question, de veiller à aménager un stationnement pour les motos et taxis. Une rencontre s’est tenue dans cette perspective au Rond-point Deido avec les différents acteurs. «Il faut qu’ils fassent bon usage de cet endroit et surtout, que la sécurité soit assurée pour les passagers et pour eux-mêmes. Nous voulons travailler main dans la main», dixit Roger Mbassa Ndine. La descente du préfet du Wouri et du maire de la ville a ainsi marqué le top départ de l’opération mardi dernier.

Diane Kenfack

Zone aéroportuaire de Douala : Les déguerpissements lancés

Les autorités de la ville ont mis leur menace à exécution en procédant ce samedi 26 juin 2021 au quartier New-town aéroport à des destructions massives.

 

C’est sur le regard vigilant de Hector Eto-Fame, 1er adjoint préfectoral que le processus de destruction des habitations du quartier New-town aéroport (Douala 2e), au lieu-dit entrée présidentielle, a eu lieu ce samedi 26 juin 2021. Plus de 4 500 personnes sont dans la rue. Dans cet espace, des écoles, hôpitaux, églises et mosquées ont tous été transformés en gravats. Des chefferies du 3e degré ne sont pas en reste. Cette initiative se fait dans le cadre de la libération des zones de l’Aéroport international de Douala. «Ce domaine appartient à l’État camerounais et a besoin d’être libéré», laisse entendre Hector Eto-Fame.

Les habitants sont sans voix. Déboussolées et décontenancées, les populations expriment leur désarroi. «Je vais faire comment? Je suis dépassée», lance cette riveraine. «Sans aucune proposition de zone de recasement pour les habitants, je ne sais où aller avec les enfants», affirme Fatimatou. Pourtant, l’article 545 du code civil stipule que «nul ne peut être contraint de céder sa propriété si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant un juste et préalable indemnité», font valoir plusieurs habitants. «Jusqu’à présent, on n’a pas reçu de délimitation et encore moins de marquage», affirme une victime de l’opération de déguerpissement.

En l’espace de quelques heures, la zone est devenue un champ de ruine. Et cette configuration contribue selon les riverains à faire le lit de l’insécurité. «À cause de cette situation, les personnes de mauvaise foi viendront uniquement pour voler et agresser les gens». Le 9 janvier dernier, des centaines de maisons abritant plus d’un millier de personnes avaient déjà été détruites dans ce quartier, toujours au lieu-dit entrée présidentielle.

Diane Kenfack

 

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