Intégration régionale et paix en Afrique : Les femmes plaident pour la libre circulation

Celles du Réseau des femmes actives d’Afrique centrale (REFAC) militent pour l’ouverture réelle des frontières.

Photo de famille après la conférence sur la ZLECAF

Le contexte sanitaire lié à la pandémie du Covid-19 dans l’espace de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) a davantage complexifié les rapports entre les pays membres. De part et d’autre, l’on a assisté à la fermeture des frontières pour éviter tout risque de propagation de la maladie. Une situation qui n’a pas laissé le Réseau des Femmes Actives d’Afrique Centrale (REFAC) insensible. «Avant cette soirée il y a eu à l’occasion de la Journée internationale de la Femme le 8 mars en prélude une matinée de réflexion avec des conférences débats sur des sujets qui préoccupent la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) avec le commerce intra régional et surtout la question des femmes», explique Danielle Nlaté, résidente du RÉFAC. Et d’ajouter: «Le contexte sécuritaire et sanitaire nous a permis de nous réunir pour ainsi découvrir les opportunités. Parce que là on parle de défis, mais nous on parle d’opportunités offertes par cette pandémie pour mener à bien la lutte pour qu’on s’en sorte. Sachant que les frontières sont fermées, nous devons faire avec ce qu’on a».

Ce 6 mars 2021 au lieu-dit à l’espace culturel Camaroes sis lieu-dit «Carrefour mini-prix» à Bastos (Yaoundé), les différentes communautés à savoir les Equato-Guinéennes, les Centrafricaines, les Congolaises sans oublier les représentants diplomatiques notamment de la Guinée Équatoriale et de la République Centrafricaine ont participé activement pour renforcer les liens entre les peuples. «Nous savons que le Cameroun est une terre d’accueil, nous avons une diversité de nationalité regroupée par le biais des étudiants des grandes écoles, et universités, nous avons les ambassadeurs, des femmes qui sont mariées aux Camerounais et d’autres. Il fallait vraiment penser à cette cérémonie, étant donné qu’on le fait souvent à la frontière, nous nous sommes dits pourquoi ne pas organiser une telle cérémonie au sein de la capitale politique, pour passer le message de la manière la plus forte à savoir que nous peuple africain avons besoin de cette intégration pour nous développer», explique la présidente du RÉFAC.

Dans la même veine l’Ambassadeur plénipotentiaire de la Guinée Équatoriale au Cameroun Armando Koté exprime sa satisfaction pour cette initiative qui vise l’intégration. «Je suis très content d’être parmi vous, et nous devons comprendre la nécessité d’accélérer le processus d’intégration des peuples africains pour être plus forts face à l’adversité. L’intégration de la sous-région Afrique centrale Cameroun, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad, en particulier et du continent en général permettra de faire taire certaines velléités belliqueuses entre les peuples. Donc pour moi une telle initiative est louable et je souhaiterais qu’elle s’inscrive dans la durée», se réjouit-il.

La gastronomie
En marge des débats très houleux sur le processus d’intégration et sur la condition féminine en période du Covid-19, les femmes se sont mobilisées pour la gastronomie. De ce fait, l’on pouvait ainsi découvrir et savourer les différents mets traditionnels des différentes communautés qui ont fait acte de leur présence. «Je crois que cette cérémonie augure des bonnes choses. Tout le monde comprend la nécessité d’être solidaire. Vivre ensemble éloigne les conflits, vivre ensemble dénote un environnement paisible, je pense que tout le monde a compris. C’est pour cela que nous sommes également présents pour partager les mets des différents pays. Parce que dans la tradition africaine, l’intégration passait par le partage, l’échange et surtout la diversité culturelle qui a souvent des similitudes», conclut ainsi la présidente du RÉFAC Danielle Nlaté.

Olivier Mbessité

Leadership féminin 

La nouvelle saison des Dames

En chœur, Camerounaises, Sénégalaises, Tchadiennes, Centrafricaines et Congolaises se sont liguées contre la pauvreté lors de la première édition de Femmes Entrepreneures au Cœur du continent Africain (FECCA).

Elles sont venues exposer et vendre leur savoir-faire dans le domaine du textile, la gastronomie, l’esthétique. Sur la scène de l’espace culturel Camaroes sis lieu-dit «Carrefour Bastos» (Yaoundé), elles ont donné de la voix au cours de la semaine de l’entrepreneuriat, organisée à la faveur de la Journée internationale de la Femme.
La table ronde qui s’est tenue ce jour a pour objectifs de faire comprendre aux femmes que l’entrepreneuriat n’est pas difficile , en dépit des écueils qui émaillent chaque projet , et qu’il est question pour celles-ci d’oser et de mieux s’orienter «l’objectifs est de motiver les femmes dans l’entrepreneuriat malgré les difficultés , raison pour laquelle nous avons faire appel aux experts compétents du domaine de la fiscalité , les impôts les ambassades , et les centres de création d’emploi pour répondre à nos besoins et de mieux nous éclairer sur la démarche à suivre pour ouvrir une micro entreprise, et de travailler en réseau non seulement avec les femmes expatriées mais aussi ces camerounaises qui peinent à décoller dans leurs business. C’est la raison pour laquelle le Fecca a été créé pour encourager les femmes des autres pays résidant au Cameroun», fait savoir la promotrice de la Fecca. Et de renchérir: «En plus c’est pour changer les idées des femmes qui longtemps se sont considérées comme celles dont les fonctions se limitaient à la procréation et des travaux ménagers. Pour moi les femmes doivent comprendre qu’elles doivent accompagner les hommes», fait savoir la promotrice de la Fecca.

La plus-value
Selon la promotrice de la Fecca, l’association présente des atouts, d’ailleurs une plus-value qui va beaucoup aider les femmes. L’association ne va pas se limiter à l’exposition de ce jour, les activités en réseau vont se poursuivre pour des formations, et orientations dans des secteurs d’activités bien définis. « otre réseau va apporter beaucoup plus les conseils, le suivi et l’encadrement. Il y a des femmes qui font dans le savon liquide, mais malheureusement se retrouve dans le réseau des femmes qui font les croquettes ce qui n’est pas à leurs avantages. Nous serons là pour les guider, les orienter pour qu’elles puissent mieux se spécialiser dans leurs domaines d’activités», raconte la jeune entrepreneure.

OM

Marie Noëlle, vendeuse de pagnes (Tchad)

« la fête dans la sobriété»

«En tant que femme résidant au Cameroun, je prépare le 8 mars dans la sobriété. Etant donné que la parade liée à la circonstance n’aura pas lieu. Ce qui fait que je serai ici dans mon stand, pour vendre les produits locaux, le poisson, les pagnes pour les dames désireuses de se rendre belles, les viandes boucanées. Je vais également profiter des différentes séances de formation et les conférences que la Fecca va nous offrir durant cette semaine, ce qui me permettra de tisser les partenariats avec les différents intervenants».

Olga Dokoula, tenancière d’une boutique de vêtements (Centrafrique)

«dans le respect des mesures barrières»

«Je vais célébrer ce 8 mars dans le respect des mesures barrières sur ce site où la foire d’exposition se déroule. Mon souhait est donc que les hommes viennent découvrir nos talents et savoir-faire dans le textile, et qu’ils puissent se procurer des pièces pour le bonheur de leurs familles. Je souhaite également que tous les Camerounais puissent respecter toutes les mesures barrières pour aider les autorités à pouvoir endiguer le mal».

Ana Raquel Lohoba Morgades,présidente de l’Association des Femmes équato-guinéennes résidant à Yaoundé (Guinée Equatoriale).

«en valorisant les mets de chez nous»

«Nous allons célébrer notre 8 mars, au sein de la foire organisée par la Fecca en valoraisant les mets traditionnels de chez nous. Il est bien vrai qu’on aurait souhaité célébrer cette Journée autrement, mais la pandémie de covid-19 ne nous aide pas. Nous devons à cet effet respecter les différentes mesures barrières édictées par le gouvernement. C’est pour éradiquer le mal au Cameroun».

Propos recueillis par
Olivier Mbessité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *