Pensions de retraite Terminée l’angoisse de la quarantaine pour les agents décisionnels

Longtemps exclus du bénéfice de ce droit, les personnels de l’Etat relevant du Code du travail et recrutés à cet âge, peuvent depuis le 30 décembre dernier envisager leur fin de carrière avec plus sérénité.

 

On n’a pas encore fini de parler des implications du décret du président de la République et de l’arrêté du Premier ministre portant, tous deux, harmonisation des âges de départ à la retraite. Puisqu’en signant ces textes le 30 décembre dernier, le chef de l’Etat et le chef du gouvernement n’ont pas seulement apporté une bouffée d’oxygène au corps social camerounais en pleine convulsion. Mais Paul Biya et Joseph Dion Nguté ont aussi comblé de nombreuses attentes restées longtemps ignorées. C’est le cas de la situation des agents «contractuels admis dans la Fonction publique à 40 ans révolus, et qui avaient du mal à prétendre à une pension vieillesse dès admission à la retraite», résume le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) dans un communiqué publié le 5 janvier dernier.

En posture d’avocat commis d’office dans ce communiqué intitulé: «Retraite des fonctionnaires : l’harmonieuse symphonie de Paul Biya», Joseph Anderson Le fait en réalité amende honorable au nom du gouvernement qu’il représente et parle simplement du «besoin de permettre aux vagues de contractuels recrutés à 40 ans révolus de prétendre à une pension». Sans pour autant accabler l’Etat, le Minfopra se contente de reconnaître, à demi-mot, l’injustice que subissait ce personnel «ne justifiant pas toujours de cent quatre-vingt (180) mois d’assurance correspondant à quinze (15) années de cotisations sociales effectives», peut-on lire dans le communiqué.

Surtout les agents décisionnels

Dans sa sortie du 5 janvier dernier, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative parle d’«environ 115 000 (personnels de l’Etat, ndlr) à être touchés par ces mesures dont les effets multiples vont de l’exigence d’équité évoquée supra, à l’impératif d’une gestion économique des retraites plus rationnelle et plus profitable au Trésor public, en passant par la nécessaire capitalisation de l’expérience des agents publics». Mais, il faut dire que ce sont surtout les agents décisionnels (catégorie 1-7) recrutés autour de la quarantaine, entre 36 ans et 40 ans, que l’harmonisation des départs à la retraite réhabilite en quelque sorte. Puisque que c’est pour cette catégorie que la cessation définitive d’activité était fixée à 50 ans. Jusqu’au 30 décembre dernier, ceux-ci n’avaient droit qu’au remboursement de leurs cotisations. Et cela était conforme non seulement aux dispositions du Code du travail en la matière, mais plus spécifiquement encore, au régime des pensions en vigueur au Cameroun.

Timing parfait pour les « 25 000 »

Une chose est certaine, ces deux décisions sont tombées à point nommé pour les agents décisionnels intégrés dans le cadre du recrutement spécial de 25 000 jeunes diplômés dans la Fonction publique. On se souvient que c’était pour le compte de l’année 2011. Pour ceux des personnels âgés de 40 ans et qui ont enfin pu se prévaloir du statut d’agent de l’Etat, c’est courant 2021 qu’ils étaient censés être admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Cela sans pouvoir totaliser les quinze années de cotisation requises pour bénéficier d’une pension. Les cinq années supplémentaires à eux accordées par le Premier ministre, vont alors leur permettre de combler le gap et de jouir aussi d’une paisible retraite.

Théodore Ayissi Ayissi

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