Déplacés et réfugiés à l’Extrême-Nord du Cameroun : Les effectifs redeviennent pléthoriques

Selon la Caritas du diocèse de Maroua-Mokolo, le flux fuyant les exactions de la secte djihadiste Boko Haram est aujourd’hui à 550 000 personnes.

Instantané dans un camp de réfugiés dans le septentrion

Le chiffre est soumis à l’attention de l’opinion publique internationale par Edouard Kaldapa. Repris par le site Vatican News (VN) le 18 novembre 2020, le secrétaire permanent de la Caritas du diocèse de Maroua-Mokolo évoque la situation alarmante qui prévaut actuellement à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. «Depuis pratiquement le début de l’année 2020, nous assistons à des attaques régulières des éléments de la secte islamiste Boko Haram, qui obligent la plupart des ménages à quitter leurs maisons et à fuir. C’est ainsi que le nombre de personnes déplacées et de réfugiés nigérians continue d’augmenter» alerte le prélat dans une interview accordée à VN. Et de poursuivre: «On peut estimer aujourd’hui à 550 000 le nombre de personnes déplacées, dont environ 100 000 réfugiés nigérians. Et le reste ce sont des déplacés internes camerounais. Or la tendance était déjà à la baisse».

Insécurité minorée
Selon Edouard Kaldapa, la région de l’Extrême-Nord et les villages qui sont à la frontière sont régulièrement victimes d’attaques quasiment pas connues. Les populations vivent ces menaces dans le silence et n’arrivent pas à recevoir les aides dont elles ont besoin pour mener une vie normale. «Donc, nous invitons la communauté internationale à être un peu plus attentive, même si cette communauté internationale ne fait généralement attention qu’aux actions un peu plus spectaculaires, comme des attentats kamikazes, alors que tous les jours des personnes vivent dans la précarité et dans la peur, et ne sont pas du tout soutenues. Nous lançons donc un cri d’alarme pour que les gens aient en tête que la crise de Boko Haram, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, n’est pas terminée», insiste l’interviewé de VN.

Par ailleurs, dans une description poignante, ce dernier fait savoir que les personnes restées dans leurs villages à la frontière continuent de vivre une situation assez alarmante. Elles sont obligées de passer des nuits dehors et se font même attraper par des éléments de Boko Haram dans leurs cachettes.

Jean-René Meva’a Amougou

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