Pour l’instant, l’axe routier Yaoundé-Douala joue la carte de la réparation ciblée, mais nombreux sont ceux qui rêvent d’une infrastructure à la hauteur des ambitions économiques et logistiques du Cameroun.

Si vous empruntez régulièrement la Nationale 3, vous savez que cette route entre Yaoundé et Douala peut réserver des surprises : nids-de-poule, ralentissements et zigzags improvisés font partie du décor. Mais bonne nouvelle pour les usagers (et mauvaise pour les amateurs de sensations fortes) : le point kilométrique 63 fait actuellement l’objet d’un traitement intensif. Le 6 mars 2026, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a fait le déplacement pour constater que les équipes techniques ne chômaient pas, et que les trous, eux, se faisaient de plus en plus rares.
Sur place, l’ambiance est studieuse. Les engins de chantier s’affairent, les techniciens appliquent des méthodes précises pour stabiliser la chaussée, et le ministre salue le déploiement efficace des équipes. « On dirait presque un ballet de machines », plaisante un chauffeur de camion, observant le va-et-vient des camions-bennes et niveleuses. Certains usagers, plus optimistes, n’hésitent pas à parier sur la vitesse à laquelle les prochains nids-de-poule seront neutralisés, transformant la traversée de l’axe en un petit jeu de patience et de vigilance.
Pourtant, derrière ce traitement ponctuel se cache une question plus sérieuse : la durabilité de la Nationale 3. « Ces réparations sont nécessaires, mais l’axe a besoin d’une vision globale », rappelle Jean-Claude Ndongo. Selon l’ingénieur des ponts et chaussées, le trafic intense et les pluies tropicales fragilisent régulièrement la chaussée, rendant indispensables des interventions plus structurelles.
Les transporteurs partagent cet avis. Sandrine Ntchuisseu, patronne d’une compagnie de voyages interurbain, note que « chaque ralentissement coûte cher et fait perdre du temps. On apprécie les travaux, mais ce serait bien de voir un plan durable pour toute la route ». Les automobilistes, eux, se réjouissent déjà de pouvoir circuler plus sereinement… du moins jusqu’au prochain point critique. Certains ajoutent en riant que la N°3 reste une route où l’on apprend la prudence… et la créativité pour éviter les bosses !
Ainsi, si les travaux au kilomètre 63 permettent de sécuriser la circulation et d’améliorer le confort des usagers, la route rappelle à tous que le vrai défi reste sa modernisation complète. La N°3, entre urgence et vision à long terme, continue donc de jouer son rôle vital tout en invitant à une réflexion sur l’entretien durable des axes routiers les plus fréquentés du pays.
Rémy Biniou





