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Crise anglophone : ICG appelle à un sursaut diplomatique

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Bambui, l'un des grands foyers de la crise anglophone

Selon l’ONG, une diplomatie patiente mise en œuvre par des acteurs engagés pourrait encore tracer des chemins de sortie de crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Bambui, l’un des grands foyers de la crise anglophone

Le Cameroun, cité par l’International Crisis Group (ICG) parmi les « sept priorités de paix et de sécurité pour l’Afrique en 2026 », se trouve à un carrefour périlleux. Les conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, héritage douloureux d’une crise anglophone qui s’enlise, menacent de prolonger l’instabilité. L’ICG avertit : sans négociations sérieuses, la spirale descendante pourrait s’aggraver, avec des conséquences lourdes pour le pays et la région.

Face à cette impasse, l’ONG identifie des leviers internationaux. L’Union européenne, liée au Cameroun par un partenariat allant du dialogue politique régulier à la coopération au développement, pourrait faire pression sur Yaoundé. Bruxelles est invitée à exiger la fin de la répression et la reprise des négociations avec les autorités anglophones, utilisant des outils concrets comme les sanctions ciblées ou les restrictions de voyage. L’ICG souligne que la diplomatie discrète, mais ferme, peut créer un espace où les mots et les gestes ouvrent la voie à la paix.

La France et l’ONU sont également appelées à jouer leur rôle. Paris, traditionnellement protectrice de sa relation avec Yaoundé, pourrait renforcer l’action européenne en mobilisant le levier financier et patrimonial que constituent les actifs de l’élite camerounaise en France. L’ONU, par la voix d’António Guterres, pourrait relancer les pourparlers avec les figures anglophones et réinviter le Canada, qui a déjà dirigé des médiations par le passé, pour tenter de sortir de l’impasse.

Sur le plan intérieur, l’ICG rappelle la fragilité du climat politique depuis la présidentielle d’octobre 2025. Les acteurs extérieurs sont invités à encourager des choix capables d’éviter l’aggravation du conflit, même si l’ONG reconnaît que « il n’existe pas de moyen simple ou évident » pour apaiser les tensions.
L’ombre de la crise plane sur le pays, mais la lumière de la diplomatie, fragile et patiente, pourrait encore tracer des chemins de sortie. Comme un fleuve qui tente de retrouver son lit après une crue, le Cameroun doit aujourd’hui négocier avec ses forces internes et ses partenaires internationaux pour que la violence cesse de dicter le cours de son destin. Entre menaces et leviers, entre silence et parole, le choix est urgent : transformer l’impasse en dialogue, ou laisser la spirale emporter le pays vers des eaux plus sombres.

Ongoung Zong Bella

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