Alors que le conflit s’intensifie entre l’Iran, Israël, les Etats-Unis, les autorités camerounaises multiplient les démarches diplomatiques pour assister leurs compatriotes sur place. Entre veille sécuritaire et accompagnement consulaire, Yaoundé tente de rassurer une diaspora prise dans la tourmente.

La guerre qui embrase le Proche et Moyen-Orient place de nombreux ressortissants étrangers dans une zone d’incertitude. Parmi eux, des Camerounais installés pour des raisons professionnelles, académiques ou familiales. Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, le ministère des Relations extérieures (Minrex) a, le 1er mars dernier, publié un communiqué appelant au calme, à la vigilance et au respect strict des consignes de sécurité édictées par les autorités locales.
Dans ce document officiel, le Minrex indique suivre « avec une attention soutenue » l’évolution de la crise et assure que les missions diplomatiques et consulaires du Cameroun dans la région restent mobilisées. Il invite les compatriotes à se rapprocher des chancelleries pour signaler leur présence, actualiser leurs coordonnées et se tenir informés des dispositions éventuelles d’assistance ou d’évacuation. Le ton se veut rassurant, tout en rappelant la gravité du contexte.
Au-delà des mots, c’est un dispositif classique de diplomatie de crise qui se met en place : cellule de veille, coordination avec les pays partenaires, recensement des ressortissants et évaluation permanente des risques. Yaoundé insiste également sur la nécessité pour les familles restées au pays d’éviter la propagation de rumeurs susceptibles d’alimenter l’angoisse.
Cette réaction n’a rien d’inédit. Par le passé, le Cameroun a déjà activé des mécanismes similaires lors de crises internationales affectant ses citoyens. Qu’il s’agisse de tensions sécuritaires dans certaines régions d’Afrique, de troubles sociopolitiques ailleurs ou encore de situations sanitaires exceptionnelles, les autorités ont régulièrement procédé à des opérations de suivi, d’assistance et parfois de rapatriement. À chaque épisode, le même triptyque revient : communication officielle, mobilisation diplomatique et coordination logistique.
Ces précédents ont progressivement structuré une expérience institutionnelle en matière de protection consulaire. Même si les moyens restent mesurés comparés à ceux des grandes puissances, l’État camerounais cherche à affirmer sa responsabilité vis-à-vis de sa diaspora, considérée comme un prolongement stratégique de la nation.
Dans le contexte actuel au Proche-Orient, l’enjeu est double : garantir la sécurité des ressortissants et préserver la crédibilité diplomatique du pays. En rappelant son engagement à « prendre toutes les dispositions appropriées », le Minrex s’inscrit dans cette continuité. La guerre suit son cours, imprévisible et brutale. Mais pour les Camerounais pris dans la tourmente, le message de Yaoundé se veut clair : ils ne sont ni oubliés ni livrés à eux-mêmes.
Rémy Biniou






