Insalubrité: les bacs pleins, Hysacam s’active

Depuis début mai, Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam) circule à nouveau pour la santé des rues. Mais, on n’est pas éloigné du piège de l’insalubrité installé pendant plusieurs  semaines. 

Il est 10h quand Angèle entend le camion d’Hysacam dans la matinée du 04 mars dernier. Les agents de la société ont repris du service, au grand soulagement d’Angèle et de ses voisins. La benne pleine, le camion achemine le quartier Oyom-Abang laissant au passage des odeurs nauséabondes. Quelques jours plus tard, un agent est observé  près de l’école nationale supérieure des Travaux publics. Il nettoie les alentours d’un bac. Moins enthousiaste, il réussit tout de même à répondre aux salutations des uns et aux préoccupations des autres qui n’en pouvaient plus de cette situation d’insalubrité. Ainsi, dans presque tous les quartiers de la ville de Yaoundé, Hysacam travaille. Entre soulagement des populations et la vue continue des ordures qui trainent, le retour à un environnement salubre se dessine. 

Mais qui pourrait oublier la vie avant ? On se souvient des clichés de ces immondices qui ont partagés notre quotidien pendant plusieurs semaines. Notamment bacs pleins, ordures menaçant la chaussée, trottoirs transformés en bennes ; les populations en ont survécu dans les plaintes et les cris d’alerte. 

Flashback

Au lieu-dit Mokolo Elobi, des tas d’ordures débordent la route et font concurrence aux véhicules et aux passants. Les commerçants ne savent plus à quel saint se vouer, entre survivre et se protéger de la saleté. Mama Agnès explique sa situation : «Ecoutez je n’ai pas d’autres sources de revenues que ce petit commerce que vous voyez là. Je suis consciente que je mets ma santé en jeu en continuant à vendre près de ces ordures. Mais que puis-je faire ? Qui va s’occuper de mes charges ?» Comme elle, de nombreuses personnes sont étouffées. A Algo Mokolo, le schéma est le même. Les vendeurs de fruits se couvrent les narines avec les cache-nez. Un passant s’indigne : «Ca pue, c’est invivable. Depuis un moment, je n’achète que certains aliments parce que je sais que je vais les passer au feu avant de consommer. Mais les fruits ou beignets par exemple, je ne peux plus oser. Sinon quelle garantie sur ma santé ? Nous sommes en danger». 

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, une chienne et ses chiots ont transformé les ordures près de la Total Nkolbisson en restaurant de cœur et se nourrissent. Les passants se bouchent les narines, quand ils ne peuvent pas traverser la route et rejoindre le sens opposé. Non loin, au quartier Cité Mbia, les odeurs des ordures pénètrent les pièces des domiciles et s’invitent au quotidien des ménages environnants. «Nous sommes en danger. Le pire, les gens ne comprennent pas qu’en jetant les ordures au sol ils mettent la santé des autres en péril. C’est nous, qui de temps en temps poussons les ordures pour trouver le chemin afin de rejoindre nos domiciles. Nous vivons un vrai calvaire» s’exprime une femme au foyer. 

Avant le retour de Hysacam, les ménages et les particuliers avaient développé des méthodes. D’autres ont opté pour la sensibilisation « nous demandons de jeter les ordures dans le bac à ordures pour éviter qu’elles trainent inutilement.» explique Paul. « La place où je vide souvent est pleine à craquer. Au lieu d’encombrer ce lieu, je vais jeter dans une fosse qui s’est récemment créée suite à une forte pluie » raconte Leclerc. 

Ces souvenirs rappellent le quotidien de la ville de Yaoundé pendant la grève des agents de la société camerounaise. Au grand soulagement des populations, les choses promettent d’entrer dans l’ordre depuis que le «pim-pom» des camions de la société Hysacam retentit à nouveau.    

Presvualie  Ngo Nwaha (Stagiaire)

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