Météo : Le mauvais temps va persister à priori

Selon des experts, l’axe pluvio-orageux se maintiendra partout dans le pays pendant une bonne période, avec des excès par endroits.

La région de l’Extrême-Nord subit actuellement une dégradation pluvio-orageuse généralisée. Aliou Bachirou, chef de l’antenne météorologique de Kousséri, craint «des semaines à venir synonymes de souffrance» dans le chef-lieu du département du Logone-et-Chari et ses environs. Il avise d’ailleurs que septembre prochain ne sera pas mieux qu’août courant. «Globalement, il n’y aura pas de tendances de beau temps durable. Partout l’axe pluvio-orageux se maintiendra pendant une bonne période, avec des excès par endroits», prédit-il.

Comme à l’Extrême-Nord, le mauvais temps va persister à priori. Selon les prévisions de l’Observatoire national des changements climatiques (Onac), la pluie est attendue sur tout le territoire pour les dix prochains jours; surtout dans la zone soudano-sahélienne, les hautes savanes, les hauts plateaux et même la zone forestière où des cumuls de pluie significatifs sont attendus. «Dans ces conditions, le temps devrait être plus pluvieux que la normale sur la bande côtière du Golfe, où dominerait une influence océanique. Les conditions climatiques sus-évoquées pourraient donc être favorables à des conditions pluviométriques excédentaires dans les zones côtières du Cameroun», éclaire Davy Mboutchang, climatologue.

Le fautif ?
Les vents venus de la bande sahélienne. Chargés d’avaler les perturbations venues du Nord, ceux-ci ne sont pas à leur place habituelle. «Sous leur effet, les perturbations vont défiler, au rythme d’une par jour», prévoit l’expert. Ces bouleversements peuvent-ils être attribués au réchauffement climatique ? «Nous n’avons pas assez de recul pour répondre formellement. Pour avoir une moyenne climatique, il faut 30 ans. Il ne faut pas s’attacher à ce qu’il se passe seulement au Cameroun alors que le réchauffement climatique est global. Il est probablement à l’origine d’extrême climatique à l’échelle de la planète», décrypte Davy Mboutchang. À défaut de prévisions scientifiquement étayées, il s’en remet davantage aux probabilités mathématiques pour dire que, «sur un ou deux mois, de fortes perturbations climatiques sont attendues jusqu’à la fin du second semestre 2021». À la clé, de nombreux risques : «modification du paysage physique suite aux mouvements de masse et à l’érosion (reliefs, profils des cours d’eau…); destruction des infrastructures divers (ponts, routes, buses, etc.); perturbation de l’exécution des travaux infrastructuraux avec un impact négatif sur les délais de livraison», énumère (entre autres) Davy Mboutchang.

Jean René Meva’a Amougou

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