Home PANORAMA Vice-Président : pour quel job ?

Vice-Président : pour quel job ?

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Un vice-président au Cameroun. Une création de poste qui tombe à point nommé, comme une cerise sur le gâteau d’un système politique déjà bien assaisonné.

On pourrait presque applaudir : qui d’autre qu’un chef au long cours pour inventer des institutions qui ressemblent à des boucliers temporels ?
Le vice-président, donc : celui qui pourrait demain terminer le mandat de Biya, et peut-être même gouverner jusqu’en 2032, selon le scénario officiel. Un verrouillage des institutions  évidemment, répondent les uns. Mais attention, rétorquent les autres : parlons plutôt d’ « optimisation institutionnelle ». La poésie se cache dans les détails : un poste immense, qui promet responsabilités et honneurs, mais sans bouleverser l’ordre établi. Le Premier ministre reste là, comme un figurant dans une pièce où Biya écrit lui-même le rôle principal et les répliques. On imagine déjà le ballet subtil des délégations : qui fera quoi ? Qui sera l’ombre et qui la lumière ? Même Shakespeare aurait pris des notes.

Et puis, quel profil pour ce vice-président ? Économie ? Relations internationales ? Porte-parole du président absent ? Mystère. L’ombre de rivalités invisibles plane déjà sur ce fauteuil flambant neuf. Si le choix ne plaît pas, gare aux murmures dans les couloirs, aux alliances improbables, aux critiques savamment feutrées. L’opposition ? Silencieuse, absente, comme si la constitution avait avalé ses mots et vidé ses slogans. Les citoyens, eux, sont occupés à naviguer dans leur quotidien économique, laissant les avocats du droit constitutionnel débattre du sexe des institutions.

Mais ne soyons pas cyniques : il y a de l’humour dans cette situation. Un président qui installe un vice-président, comme si on rangeait un fauteuil pour un ami invisible. Et il y a de la gravité, car derrière cette manœuvre se cache la mécanique immuable du pouvoir, où le temps ne passe pas pour certains, mais file pour la majorité. Ce n’est plus de la politique, c’est de la poésie politique, faite de rires jaunes et de silences pesants.

Alors, applaudissons ou pleurons ? Laissez la plume et l’ironie guider vos choix. Le vice-président sera nommé, le rideau est levé, et la pièce continue. Qui tiendra le rôle principal demain ? Peu importe, tant que les horloges tournent et que le temps, lui, reste prisonnier d’un seul regard.

Jean -René Meva’a Amougou

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