Comprendre comment les compétences comportementales peuvent transformer l’avenir économique de la sous-région. Tel est le fil d’Ariane de la table ronde tenue le 19 mars 2026, à Yaoundé, autour du thème : « Soft skills et compétitivité : les nouvelles clés de l’entrepreneuriat et de l’emploi en zone CEMAC ».

Cette rencontre qui se situait dans le droit fil de la 17ᵉ Journée de la CEMAC, a ressemblé dans une salle archicomble étudiants, jeunes entrepreneurs et responsables institutionnels. Initié par la Commission de la CEMAC, l’événement visait un objectif clair : comprendre comment ces compétences comportementales, désormais appelées soft skills, peuvent transformer la compétitivité des économies locales et ouvrir des opportunités durables pour la jeunesse.
À l’ouverture des débats, Charles Assamba Ongodo, vice-président de la Commission de la CEMAC, a peint un tableau contrastant : « Notre sous-région regorge de richesses naturelles (pétrole, mines, forêts) et pourtant, nos jeunes peinent à trouver leur place dans le tissu productif. Le chômage et le sous-emploi ne sont pas de simples statistiques sociales ; ce sont des pertes de croissance sèches pour nos États ». Ces mots ont trouvé un écho particulier parmi les étudiants et chercheurs d’emploi présents, qui croyait que leur avenir dépendrait de leur capacité à allier savoir-faire technique et compétences comportementales.
Pour M. Assamba Ongodo, le message est sans ambiguïté : « Le savoir technique, le hard skill, est nécessaire mais il est devenu insuffisant. Dans un monde globalisé, la réussite d’un projet ne dépend plus seulement des connaissances académiques ou des diplômes. Ce sont la capacité à négocier, à résoudre des problèmes complexes, à faire preuve d’empathie et de leadership qui feront la différence. Les soft skills sont désormais la monnaie forte de l’économie du savoir. »
La table ronde a mis en lumière deux secteurs prioritaires identifiés par la Commission : l’agro-industrie et le numérique. Selon Charles Assamba Ongodo, « dans l’agro-industrie, nous ne pouvons plus nous contenter d’une agriculture de subsistance. La stratégie d’import-substitution est une priorité absolue de nos chefs d’État. Mais pour passer à une agro-industrie compétitive, il faut des entrepreneurs capables de structurer des chaînes de valeur, de gérer des coopératives avec transparence et d’innover dans le packaging et la distribution. Les soft skills comme l’esprit de collaboration et la rigueur de gestion sont les fondations sur lesquelles reposera notre souveraineté alimentaire. »
Le numérique, deuxième levier, offre également des opportunités inédites : « Le monde digital exige des jeunes non seulement des compétences techniques, mais aussi créativité, résilience et capacité à travailler en équipe. Ceux qui maîtriseront ces qualités seront les véritables moteurs de la transformation économique de la CEMAC », a insisté Charles Assamba Ongodo, suscitant un vif intérêt dans l’audience, ponctué de questions pertinentes sur les formations et dispositifs d’accompagnement disponibles.
La table-ronde a également été un lieu d’échanges directs avec les participants. Étudiants de Douala, Bangui, Libreville, Malabo, Ndjamena et Brazzaville ont partagé leurs ambitions et interrogations. Le vice-président de la CEMAC a insisté sur la nécessité d’un suivi concret : « Il ne suffit pas de parler de soft skills ; nous devons les traduire en plans d’action, en programmes d’accompagnement et en opportunités tangibles pour chaque jeune de la sous-région. La Commission de la CEMAC est déterminée à construire un espace où le talent de chacun peut s’épanouir pleinement et contribuer à la compétitivité et à la croissance durable. »
À l’issue de la table ronde, le consensus était clair : investir dans les soft skills des jeunes n’est pas un luxe, mais un impératif de survie économique pour la zone CEMAC. Les discussions ont rappelé que la réussite future des économies de la sous-région dépendra autant de la capacité à valoriser le savoir-faire technique que d’identifier, former et mobiliser ces compétences comportementales indispensables. Les participants sont repartis avec la conviction que, demain, la combinaison de hard skills et de soft skills fera la différence entre projets stagnants et entreprises capables de conquérir des marchés régionaux et internationaux.
Charles Assamba Ongodo conclut : « Notre ambition est de traduire ces recommandations en actions concrètes. Chaque jeune, qu’il soit à Yaoundé, Bangui, Libreville, Malabo, N’Djamena ou Brazzaville, doit pouvoir contribuer à la transformation économique de la sous-Région. La Commission est prête à relever ce défi ».
Jean-René Meva’a Amougou
Ils ont dit…

« Maintenant, je sais que je dois chercher des opportunités »
Arnaud Bessombé, étudiant en économie à Douala
« La table-ronde m’a vraiment ouvert les yeux. Avant, je pensais que la théorie suffisait pour réussir, mais j’ai compris que les soft skills sont tout aussi importants. J’ai appris que savoir communiquer, négocier et travailler en équipe peut faire la différence sur le marché du travail. Maintenant, je sais que je dois chercher des opportunités pour mettre ces compétences en pratique, et ne pas seulement attendre qu’un emploi tombe du ciel. C’est motivant de voir qu’il existe des programmes pour nous accompagner dans ce développement ».

« J’ai compris l’importance de créer ou rejoindre des projets concrets »
Mireille Annie Ngoumou, diplômée en communication
« J’ai pris conscience grâce aux interventions que le manque d’expérience n’est pas une fatalité. La table-ronde m’a montré qu’on peut développer le leadership et l’esprit d’initiative même en étant jeune et sans emploi. J’ai compris l’importance de créer ou rejoindre des projets concrets, pour appliquer nos compétences et gagner en crédibilité. Cela m’encourage à chercher des stages et des missions bénévoles comme tremplins pour construire mon expérience professionnelle ».

« Avant, je me sentais un peu perdu »
Junior Ekobena, chercheur d’emploi
« Participer à la table ronde m’a permis de comprendre que l’on peut acquérir des soft skills progressivement, en cherchant des mentors et en collaborant sur des projets collectifs. Avant, je me sentais un peu perdu, mais maintenant je sais que chaque activité, même petite, peut devenir un terrain d’apprentissage. Les conseils de M. Charles Assamba Ongodo m’ont inspiré à être proactif, à identifier des opportunités et à transformer mes idées en actions concrètes, plutôt que d’attendre que tout vienne de l’extérieur ».

« La table-ronde m’a appris à mieux structurer mon activité »
Cynthia Mbese, jeune entrepreneure
« J’ai compris que mon projet en ligne n’était pas isolé et que je pouvais réellement le faire grandir en appliquant les soft skills. La table-ronde m’a appris à mieux structurer mon activité, à développer l’esprit de collaboration et à communiquer efficacement avec mes partenaires. Les échanges m’ont aussi donné des idées pour innover dans la présentation de mes produits et chercher des accompagnements adaptés. Je repars avec la conviction que chaque compétence que je développe peut concrètement faire progresser mon entreprise ».

« Les discussions m’ont appris que je peux acquérir ces qualités »
Félix Ntonga Medjo, étudiant en informatique
« Avant la table-ronde, je croyais mes compétences techniques suffisantes pour réussir. Aujourd’hui, j’ai compris que la capacité à collaborer, résoudre des problèmes et faire preuve de leadership est tout aussi cruciale. Les discussions m’ont appris que je peux acquérir ces qualités en participant à des projets collectifs et en cherchant activement à me dépasser. Je repars motivé, avec des idées pour m’impliquer davantage et transformer mes talents en résultats concrets, tout en me préparant à intégrer le marché du travail ».
Propos recueillis par JRMA






