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Village Médéré : les populations prennent le développement en main

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Le Bureau de l'Association des jeunes dynamiques pour le développement du village Medere

Une dynamique solidaire est en marche en vue de pourvoir le village d’infrastructures sociales.

Le Bureau de l’Association des jeunes dynamiques pour le développement du village Medere

Il souffle un vent de développement au village Medere, dans le Mayo Tsanaga, région de l’Extrême-Nord. Des écoles reprennent vie après des décennies d’inertie, des forages se construisent pour alimenter les populations en eau potable, le petit centre de santé reprend progressivement ses fonctions. Tout cela est rendu possible par la population qui a décidé de prendre en main le développement de ce village. «Nous étions abandonnés à nous-mêmes. On se disait que nous étions des Camerounais, mais on ne ressent pas ça parce que nous sommes abandonnés à nous-mêmes. On n’a pas de route, ni d’églises ou de mosquées, pas d’école, pas d’eau, on n’a rien. Donc on s’est dit pourquoi ne pas se mettre ensemble pour arranger notre village», déclare Moussa, membre de l’Association des jeunes dynamiques pour le développement du village Medere.

Ladite Association est la cheville ouvrière de l’action communautaire qui a cours. Elle regroupe en son sein plus de 400 ressortissants de la localité de Medere résidant à Yaoundé. Elle est née une quinzaine d’années plus tôt sur les cendres d’une première association communautaire. Et même si seuls une cinquantaine de personnes sont assidues aux rencontres dominicales de la communauté, le train du développement n’en est cependant pas freiné. Dimanche, 15 février 2026, a porté le témoignage d’une solidarité agissante au travers de la fête annuelle de l’Association. Des centaines de personnes ont pris part à cette célébration. Munies de leurs contributions financières, ces dernières ont marqué leur alignement aux projets envisagés. Notamment: «Grâce à notre association, on a créé un stade de football au village. On avait d’abord créé une école maternelle. Après on a construit un bâtiment pour l’école primaire. On veut maintenant construire encore un deuxième bâtiment pour remplacer le hangar qu’on avait mis pour abriter d’abord les autres classes. On veut aussi creuser un forage au village parce que nos parents souffrent beaucoup du manque d’eau», indique MaïgaBakari, trésorier de l’Association des jeunes dynamiques pour le développement de Medere.

Contributions tous azimuts
Au sein de cette communauté, le montant des contributions ne compte pas. Chacun y va selon son potentiel financier: 500, 1000, 2000, 5000, 10 000 FCFA et plus, car l’initiative lancée est portée par des petits travailleurs pour la grande majorité. Notamment des vendeurs de chaussures et de vivres, des vendeurs ambulants de viande grillée, de transporteurs par moto, entre autres. Les opérations sont menées en coordination avec le chef du village. «Le chef, M. Souaïbou est très content. Chaque mois, il appelle les villageois pour voir comment ce qu’on doit faire pour le village. Les gens du village donnent aussi leur participation. Avec ça je vois comment ça produit des résultats», souligne MaïgaBakari.

Intégration des étrangers
Les festivités de Yaoundé ont marqué le point de départ de la mobilisation des fonds pour le projet de construction d’un nouveau bâtiment à l’école primaire de Medere. L’écho de cette manifestation est cependant appelé à raisonné au-delà de la capitale politique. «On trouve les ressortissants de Medere dans les 10 régions du Cameroun. Comme nous avons tenu notre réunion aujourd’hui, on va envoyer le message dans les autres villes. Ceux qui sont là-bas vont aussi se réunir et nous envoyer le message à Yaoundé. A la fin, on envoie le message au village et on transfère ce qu’on a collecté. Les gens-là bas vont aussi organiser leur fête», souligne Moussa.

Situation initiale
Le village Medere, dans le Mayo Tsanaga, manque des services sociaux de base. Et les infrastructures pour les desservir sont inexistantes ou datent de l’époque de Mathusalem. Les conséquences dans la vie des populations restent cependant d’actualité. «Le gouvernement avait ouvert l’école à Medere depuis, on n’était pas encore nés. Mais après ça a fermé, on ne sait pas pourquoi. Nous les jeunes on a décidé de réunir la population pour reconstruire notre école. On a commencé et les enfants fréquentent déjà. On manque vraiment d’eau. Ça commence en mars jusqu’en mai, avec la sècheresse. On n’a pas d’eau et nos mamans vont beaucoup souffrir avec ce problème; mais nous on n’a même pas les moyens de de développer beaucoup notre village», déplore Soudama Susanne, trésorière. La situation des élèves dans le village Medere avant la réhabilitation de l’école était marquée de plusieurs contraintes. «Avant, les petits enfants devait marcher sur 10 kilomètres pour aller à l’école dans un autre village et ils faisaient la même chose pour revenir le soir. Mais nous, pour fréquenter, on partait dans un autre village, à plus de 30 kilomètres. On pouvait faire 2 mois avant de rentrer parce qu’il n’y a pas les moyens de transport. On part louer la maison pour rester parce que les maisons sont moins chers chez nous. On peut louer la maison même à 1000 FCFA ou 1500 FCFA. Donc on restait là-bas, on met du temps avant de rentrer», indique Makoua Nathanaël, censeur au sein de l’Association.

La donne change aujourd’hui à Medere sous l’impulsion de la population et des infrastructures essentielles sortent progressivement de terre. Les fonds collectés chaque semaine, à hauteur de 500 et 1000 FCFA, permettent par ailleurs d’entretenir une vie sociale et solidaire entre les ressortissants du Canton Tourou.

Louise Nsana

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