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Commission de la CEMAC, taille XXXL pour Baltasar Engonga Edjo’o

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Avenir en pointillé pour le personnel de la Commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), et conséquemment pour le processus d’intégration en berne depuis le 05 février 2026.

Et pour cause, les caisses de la Commission sont vides, à en croire son président, Baltasar Engonga Edjo’o. « L’évolution des chiffres se rapportant à la situation de trésorerie régulièrement présentée par l’Agent Comptable Central et par l’Agent Comptable de la Commission, tant pendant les sessions des Conseils des Ministres de l’UEAC que lors des différentes réunions du Collège des Commissaires, révèlent une dégradation continue de nos finances. […] La situation financière de la Communauté s’avère être aujourd’hui plus que préoccupante au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des institutions, y compris celui de la Commission » lit-on dans la note circulaire signée du Président de la Commission de la CEMAC le 05 février. Et de poursuivre : « Au regard de ce contexte, et tenant compte du très faible niveau actuel de la trésorerie disponible, j’ai le pénible mais impérieux devoir de suspendre toutes les activités et autres missions de la Commission de la Cemac, en attendant l’amélioration du recouvrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI) ». La sortie à tout le moins impromptue de Baltasar Engonga Edjo’o en appelle par ailleurs au moins trois grandes curiosités.

1-La Conférence des chefs d’Etat de CEMAC invisibilisée et ostracisée
Dans la configuration des textes fondateurs de la CEMAC, la Conférence des chefs d’Etat est l’organe suprême. Elle définit les grandes orientations politiques, économiques et sociales pour ce qui concerne la sous- région. La Commission en est son bras armé en matière de mise en œuvre de ces grandes orientations. D’où la question : une décision aussi grave que la suspension du processus d’intégration peut-elle se prendre sans en référer aux chefs d’Etat de la sous-région ? Nulle part dans la note circulaire du 5 février dernier, la conférence des chefs d’Etat est citée ou allusionnée. Le Président en exercice de cette Conférence, Dénis Sassou Nguesso, a-t-il été prévenu ? A-t-il donné son accord de principe ? Si oui, pourquoi ne pas le signaler dans la note circulaire ? Si non, n’est-ce pas une fausse note ou une faute politique et managériale de la part de Baltasar Engonga Edjo’o. Chacun appréciera et certainement les prochains jours en diront davantage sur la réalité des choses.

2-La TCI n’a jamais rempli les caisses de la Commission
Le recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration par la Commission n’a presque jamais atteint les 50% auprès des Etats- membres de la CEMAC. En 2021, avant l’arrivée de Baltasar Engonga Edjo’o, son recouvrement se situait à 17%. Pour autant, il n’y a pas eu de suspension du processus d’intégration en zone CEMAC. Comment s’organisaient Daniel Ona Ondo et ses prédécesseurs à la tête de la Commission de la CEMAC ? Car, faut-il le rappeler, la situation financière de cette Commission est régulièrement tendue depuis une quinzaine d’années. La compétence managériale de l’actuel patron de la Commission est d’autant questionnable que nous sommes en début d’exercice budgétaire. En février, certains pays de la CEMAC n’ont pas encore effectivement commencé l’exécution du budget. Comment espérer dès janvier des rentrées d’argent d’un impôt à collecter ? Au Cameroun, le plus grand contributeur de la TCI, les premiers décaissements ou paiements de l’Etat se font très souvent à partir de la fin du mois de mars. Ne le sait-on pas à la Commission de la CEMAC ? L’attitude de Baltasar Engonga Edjo’o ne suggère-t-elle pas un autre agenda ? A voir.

3-La problématique de la qualité de la dépense à la Commission
La gouvernance des ressources n’est pas des plus claires à la Commission de la CEMAC. Cela est d’autant vrai pour les finances que les personnels et les infrastructures. La semaine dernière dans les colonnes de ce journal, nous invoquions la perte d’un milliard de FCFA, détournés par le truchement de la supposée réfection du siège du Parlement Communautaire à Malabo. Cette semaine, nous continuons d’enquêter sur le train de vie princier de la Commission de la CEMAC. On y découvre des dépenses somptuaires à l’opposé de la situation ô combien critique des finances de cette institution communautaire. Bien plus, l’enquête révèle des personnels en divagation, avec des poches pleines de l’argent de la Communauté. En tête de ces mauvais exemples, le Président Baltasar Engonga Edjo’o. Il n’est pas au rendez-vous statutaire (ce lundi 16 février 2026) de la présentation du rapport d’activités de la Commission devant le Parlement de la CEMAC. Il a choisi d’aller à Oslo, dans une mission (plus succulente) du Pref – CEMAC avec ses partenaires. Selon des indiscrétions, il n’a pas grand-chose à faire en Norvège. Mais, il y est, avec de l’argent frais d’une caisse d’avance contenant minimalement 50 millions de FCFA. Pompier pyromane. Le poisson pourrit par la tête.

Thierry Ndong Owona

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