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Elections locales 2026 : les jeunes entre reconnaissance présidentielle et exigence de preuves

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Jeunes écoliers célébrant la fête de la jeunesse

La jeunesse se retrouve à nouveau au cœur du jeu politique. Dans son discours du 10 février 2026, le président Paul Biya a multiplié les messages à son endroit: reconnaissance pour son soutien électoral, promesse d’insertion professionnelle, appel à la responsabilité et à la discipline civique. Reste qu’à attendre la matérialisation desdites promesses.

Jeunes écoliers célébrant la fête de la jeunesse

Quelques mois après la présidentielle du 12 octobre, le chef de l’État a tenu à saluer «la part déterminante» des jeunes dans sa réélection. Il a exprimé sa «profonde reconnaissance» pour leur soutien, estimant que leur adhésion à son programme et à son bilan avait été décisive. Mais au-delà des remerciements, le ton du discours alterne encouragement et mise en garde. Le président appelle les jeunes à persévérer face au chômage; à éviter «les aventures périlleuses», à se détourner de la délinquance, de la drogue ou de «l’usage abusif des réseaux sociaux». Un rappel insistant aux devoirs, qui accompagnent la promesse d’un avenir meilleur. Ce double registre, valorisation et encadrement moral, traduit une vision de la jeunesse à la fois ressource politique et catégorie à discipliner.

L’emploi comme priorité affichée
Au cœur du message présidentiel: l’insertion professionnelle. Paul Biya réaffirme que l’emploi des jeunes constitue «l’un des principaux chantiers du septennat». Il cite le Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, les exemptions fiscales pour les entreprises recrutant des diplômés, une dotation de 50 milliards de FCFA pour l’entrepreneuriat, le renforcement du Fonds national de l’emploi, ainsi que l’intégration des jeunes dans les travaux à haute intensité de main-d’œuvre.

Ces annonces répondent directement à la principale préoccupation exprimée par la jeunesse depuis la présidentielle: le chômage et la précarité. Dans les quartiers urbains comme dans les communes rurales, beaucoup attendent désormais des résultats tangibles. «On entend les chiffres, mais on veut voir les recrutements», confie Delano, étudiant à l’université de Ngaoundéré. «Ce qui compte, c’est ce qui arrive dans nos communes», martèle-t-il.

Le discours présidentiel ouvre également la porte à une plus grande présence des jeunes dans la gestion publique. Le chef de l’État évoque le renouvellement des dirigeants des sociétés d’État, la formation du prochain gouvernement et les élections législatives et municipales à venir. Le message est clair: des espaces pourraient s’ouvrir. Mais la formulation reste prudente. Aucun engagement chiffré, aucun quota, aucune mesure contraignante n’ont été annoncés. Pour beaucoup, la question n’est plus celle de la reconnaissance symbolique, mais de la participation effective aux décisions locales. «On ne veut pas seulement porter les banderoles, on veut siéger aux conseils municipaux», résume Aminatou Godjé, jeune militante à Garoua.

Dans plusieurs communes, la jeunesse représente un réservoir électoral décisif. Elle anime les campagnes, mobilise sur les réseaux sociaux, structure les dynamiques locales. «Les partis en sont conscients. Mais le discours du 10 février révèle une stratégie d’équilibre: reconnaitre son poids sans lui céder trop d’autonomie politique. Le président insiste sur la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la stabilité des institutions», commente l’Universitaire, Dr Waldé Enoc. À l’approche des élections locales, le message est aussi un appel à la continuité et à la discipline électorale. Le docteur Assako, expert en dynamiques sociales dans le Sahel constate: «La jeunesse semble plus attentive que par le passé. Elle écoute, compare, questionne. Les promesses d’emploi, de lutte contre la corruption et de réformes de l’État constituent désormais des critères d’évaluation».

Tom.

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