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Fusion CEMAC–CEEAC : résistances internes, pressions du FMI et accélération diplomatique

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Alors que la rationalisation des institutions d’intégration en Afrique centrale peine à se concrétiser, des résistances internes émergent au sein de la Commission de la CEMAC. Mais les lignes bougent : le FMI pousse à la réforme, et des discussions avancées sont engagées avec la CEEAC pour accélérer le processus de fusion institutionnelle.

Au sein de la Commission de la Cemac, le projet de fusion avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) est loin de faire l’unanimité. Selon des sources internes, une partie du personnel manifeste ouvertement son opposition au processus de rationalisation institutionnelle et applaudit même les retards enregistrés dans sa mise en œuvre. Une posture qui traduit des craintes liées à la perte de postes, à la recomposition des organigrammes et à la redistribution des centres de pouvoir administratifs.

Mais cette résistance interne se heurte à des pressions externes de plus en plus fortes. Le Fonds monétaire international (FMI), selon des sources bien informées, est clairement favorable à la rationalisation des institutions communautaires en Afrique centrale. L’institution de Bretton Woods considère la coexistence de structures parallèles comme la Cemac et la CEEAC comme une source d’inefficacité, de surcoûts budgétaires et de gouvernance financière fragile.

Cette position explique en partie le procès sévère fait à la gouvernance financière de la Commission de la Cemac, régulièrement pointée du doigt pour ses dysfonctionnements structurels et ses faiblesses en matière de gestion.

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Dans ce contexte, des pourparlers stratégiques seraient actuellement en cours entre le FMI et la CEEAC afin d’accélérer le processus de rationalisation, indiquent les mêmes sources. L’objectif est clair : aller vers une intégration institutionnelle plus cohérente, plus lisible et plus efficace, conformément aux exigences des partenaires techniques et financiers.

Cette dynamique a trouvé un écho politique à Sipopo (Guinée équatoriale), où les ministres de la CEEAC ont tenu, le 16 janvier 2026, une session extraordinaire. Officiellement consacrée au renforcement des institutions communautaires et à la réforme des organes exécutifs, la rencontre a mis l’accent sur l’efficacité de l’action communautaire et l’avenir de l’intégration régionale.

Les ministres en charge de l’intégration régionale y ont échangé avec des émissaires de Washington, signe que la question dépasse désormais le cadre régional pour s’inscrire dans une logique de réformes structurelles sous regard international.

Entre résistances internes, pressions financières internationales et diplomatie institutionnelle, la fusion Cemac–CEEAC apparaît désormais moins comme une option politique que comme une trajectoire contrainte. Reste à savoir si elle se fera dans la concertation… ou sous contrainte.

R. B.

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