Dans son dernier ouvrage, l’ancien journaliste entraîne le public dans un voyage fascinant et parfois drôle au cœur des croyances des communautés de la forêt.

« Nkul-Bewu, le tambour des morts », un essai anthropologique qui explore l’au-delà tel qu’il est perçu par cette communauté du sud du Cameroun. Plus qu’un simple recueil de mythes ou de rituels, le livre est une analyse des imaginaires collectifs, un pont entre le tangible et le spirituel. Et attention : si vous pensiez que l’anthropologie est toujours sérieuse et poussiéreuse, préparez-vous à sourire en chemin. L’auteur nous montre que chez les Ekang, les morts ont un sens de l’humour… même si personne ne leur a appris à tweeter. Chaque chapitre évoque non seulement la fonction rituelle du tambour, mais aussi le rôle des gardiens de traditions et conteurs, qui savent raconter des histoires qui feraient pâlir certains scénaristes de comédies modernes. François BingonoBingono souligne subtilement que la mort, malgré son sérieux, peut être une source de créativité narrative, et que le rire et la réflexion ne sont pas forcément incompatibles avec le sacré.
Sens
Le terme Nkul-Bewu, littéralement « tambour des morts », symbolise à la fois l’instrument de communication entre vivants et défunts et le rôle central du rituel dans la structuration sociale et culturelle Ekang. BingonoBingono décortique la manière dont les habitants conceptualisent la mort, la mémoire des ancêtres et le lien intergénérationnel. Il montre un système où rituels, symboles et récits cosmogoniques se conjuguent pour offrir aux vivants un cadre moral, social et spirituel… et parfois une excellente excuse pour taper sur un tambour sans se faire gronder. L’ouvrage décrit également les cérémonies nocturnes, les chants et les danses rituelles, où le battement du tambour résonne dans la forêt comme un rappel que la communauté est vivante et connectée. Selon l’auteur, chaque son, chaque rythme, chaque geste est une leçon en soi, et il invite le lecteur à écouter… et à sourire de ces traditions qui donnent au sacré un éclat presque théâtral.
L’auteur ne se limite pas à la description : son essai adopte une démarche critique et analytique, confrontant pratiques traditionnelles et théories anthropologiques. Chaque chapitre regorge d’observations de terrain, de témoignages et d’interprétations symboliques. Il démontre comment le tambour agit comme médiateur entre vivants et au-delà, mais aussi comme un instrument idéal pour réguler la vie sociale et calmer les esprits grincheux du village, qu’ils soient humains ou… légèrement spectres. BingonoBingono illustre avec humour que certaines pratiques, tout en étant profondément symboliques, sont aussi des occasions de rassemblement, de partage et de rire. Le Nkul-Bewu devient ainsi à la fois un objet sacré et une sorte de “DJ ancestral”, orchestrant la cohésion sociale et le rythme de la mémoire collective.
Pour les spécialistes, l’ouvrage constitue une contribution majeure à la compréhension des cultures forestières d’Afrique centrale. Il donne voix aux Ekang, montrant que la mémoire, les rites et le tambour ne sont pas que des objets rituels, mais de véritables vecteurs de continuité sociale et culturelle. L’ouvrage rappelle avec humour que si vous pensez que les réunions de famille sont bruyantes, il est temps de rencontrer le tambour Nkul-Bewu, qui ne se limite pas à applaudir ou hocher la tête, mais fait danser et réfléchir simultanément. Dans un monde où les savoirs traditionnels sont menacés, ce livre est un rappel que même la mort peut avoir… du style, et que l’humour et la gravité peuvent cohabiter harmonieusement dans un même battement.
Accueil
Les lecteurs apprécient le style accessible et souvent drôle de François BingonoBingono. L’ouvrage mêle analyse scientifique, récits oraux et anecdotes, créant un équilibre subtil entre immersion culturelle et pédagogie. Chaque chapitre fait ressentir le poids du tambour et la présence des ancêtres, tout en éclairant le fonctionnement social des Ekang et leur rapport à l’invisible. Les descriptions des cérémonies, des rythmes et des chants permettent au lecteur de sentir l’atmosphère et l’intensité émotionnelle, tout en se demandant si le tambour ne finirait pas par devenir un instrument de batterie pour des concerts plus… contemporains. François BingonoBingono réussit ainsi à transformer une étude anthropologique en expérience vivante, presque sensorielle, où la tradition et le plaisir de lire se mêlent naturellement.
En définitive, « Nkul-Bewu, le tambour des morts » n’est pas seulement un essai sur l’au-delà : c’est un voyage dans la mémoire et la spiritualité Ekang, avec des moments qui feront sourire et réfléchir. Il montre comment le rituel, la musique et le symbolisme façonnent la vie communautaire et individuelle. Même face à la modernité, les pratiques ancestrales restent un pilier identitaire, un moyen de comprendre la société Ekang et son rapport à l’histoire, aux ancêtres… et à l’humour, car apparemment, les morts aiment aussi un bon battement de tambour rythmé avec finesse. L’ouvrage de François Bingono Bingono est donc à la fois sérieux et joyeux, un guide anthropologique qui prouve qu’écouter les ancêtres peut aussi être… un vrai moment de plaisir et d’étonnement pour le lecteur curieux et attentif.
Ongoung Zong Bella





