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Dépravation des moeurs : quand la jeunesse joue au bâtard des valeurs

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La dépravation des mœurs en milieu scolaire au Cameroun n’est plus une fiction, c’est une réalité qui frappe chaque région comme un camion sans freins. Dans chaque maison, les parents s’interrogent avec émotion, pendant que la nation observe, mi-inquiète, mi-résignée. Le garçon autrefois sage troque son crayon contre un téléphone, la passion de l’étude disparaît, la vision se brouille, et la raison quitte la salle de classe par le balcon.

À l’école, le salon pédagogique devient un marché bruyant, où l’action éducative cède la place au désordre. Les élèves courent après le ballon plus que le savoir, préfèrent le bonbon au biberon de la connaissance, et transforment parfois la cour en véritable prison morale. Même la religion et l’émotion sont tournées en dérision, pendant que la violence rugit comme un lion dans les couloirs.

On voit des boutons de chemise arrachés, des cartons de livres jetés, des plafonds de discipline qui s’effondrent. Le cochon et le mouton deviennent des surnoms ordinaires, preuve d’un langage qui s’animalise. Le rayon de respect qui éclairait autrefois l’école s’éteint doucement, remplacé par l’arrogance et la provocation.

Avec un zeste d’humour, on dirait que certains élèves prennent l’école pour un avion sans pilote: ça décolle vite, mais ça peut s’écraser brutalement. Le savon ne sert plus à se laver la bouche, mais à faire des blagues douteuses, et le camarade devient parfois plus dangereux qu’un camion lancé à pleine vitesse dans une cour de récréation.

Dans certaines écoles, la morale est devenue un hasard administratif, rangée au placard avec les anciens règlements. Le jeune élève, autrefois timide, est aujourd’hui un bavard professionnel, plus fêtard que studieux, plus paillard que discipliné. Le regard fier, le sac sur l’épaule, il traverse la cour comme un motard sans permis, sûr de lui, chauffard du langage, pillard de valeurs, charognard de buzz. Le savoir l’ennuie, la morale l’agace, la discipline l’oppresse. Même le canard de la cour semble plus calme que lui, et le renard du quartier paraît plus malin. À force de vouloir être « moderne », il finit souvent blafard intellectuellement, mais très bruyant socialement.

À l’école, le couloir devient miroir des dérives, le dortoir un réservoir de désespoir, le réfectoire un parloir de rumeurs, le tiroir des valeurs se vide, le pouvoir ressemble à un vieux pressoir, le savoir glisse vers le rasoir du désordre, et le devoir disparaît dans ce grand entonnoir social sans espoir.

Dans ce théâtre scolaire, on croise le soûlard du bavardage, le couard du travail, le mouchard des réseaux sociaux, le cornard de l’insolence et le débrouillard de la triche. Le montagnard des principes a disparu, remplacé par le campagnard des excuses faciles. Même le vieillard proverbe “le savoir est une richesse” est devenu un slogan ringard.

On rit, on se moque, on ironise, mais derrière l’humour se cache un malaise réel : la dépravation est devenue un modèle, un style de vie, presque une identité. L’école ressemble parfois à un brouillard moral où l’on confond liberté et dérive, modernité et désordre, audace et insolence. Et pendant que la jeunesse joue au bâtard des valeurs, la société regarde, un peu tard, avec inquiétude.

Jean-René Meva’a Amougou

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