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Commerce transfrontalier : le gros œil de CEMAC sur l’invisible

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Les experts sur la table des discussions à Libreville

À Djibloho, la CEMAC a franchi une étape majeure dans la compréhension du commerce transfrontalier informel, activité essentielle mais longtemps invisible dans les statistiques officielles.

Les experts sur la table des discussions à Libreville

Durant cinq jours, une cinquantaine d’Experts des six États membres ont travaillé à l’adoption d’un Guide méthodologique harmonisé destiné à mieux mesurer ces échanges qui structurent la vie économique des zones frontalières.

Souvent perçu comme marginal, le commerce transfrontalier informel constitue pourtant un pilier pour les ménages, l’emploi local et l’approvisionnement alimentaire. Dans de nombreux villages, il représente même la seule dynamique commerciale stable. Son absence dans les chiffres officiels limite la capacité des gouvernements à concevoir des politiques cohérentes et adaptées aux réalités de terrain.
Du 3 au 7 novembre 2025, les participants ont échangé sur les outils de collecte, les mécanismes institutionnels et les pratiques déjà expérimentées par le Cameroun et la République centrafricaine. La visite de la zone des trois frontières – Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale – a permis d’observer les défis concrets : multiplicité des points de passage, contrebande, faible contrôle administratif et motivations des commerçants à rester dans l’informel.

Au terme des travaux, le Guide a été adopté ainsi que le calendrier communautaire de mise en œuvre des enquêtes. Les experts saluent un progrès déterminant. Pour un représentant centrafricain, cette méthodologie commune permettra « d’améliorer la fiabilité et la comparabilité des données ». Du côté du Cameroun, l’on souligne que la maîtrise du commerce transfrontalier informel renforcera la qualité des statistiques du commerce extérieur.

Le Commissaire de la CEMAC, Nicolas Beyeme Nguema, a félicité les participants pour avoir établi un cadre harmonisé, unifié et opérationnel. Les indicateurs retenus, désormais communs à tous les pays, offriront une vision plus précise du poids réel du commerce transfrontalier informel et faciliteront son intégration dans les comptes nationaux.

La validation de ce Guide marque un tournant : la sous-région se dote enfin d’un instrument capable de rendre visible cette économie discrète mais vitale, et de soutenir des politiques publiques fondées sur des données fiables, au service d’une intégration renforcée.

Jean René Meva’a Amougou

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