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En prélude à la 14e Conférence de l’OMC : la CEMAC muscle sa stratégie depuis le Cameroun

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Photo de famille après la concertation de Yaoundé

En s’impliquant activement dans les préparatifs de ce grand raout économique mondial planifié pour fin mars prochain, l’institution communautaire cherche à transformer la coordination régionale en véritable levier d’influence pour défendre les intérêts économiques de l’Afrique centrale.

Photo de famille après la concertation de Yaoundé

À l’approche de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la représentation de la CEMAC au Cameroun s’impose comme un acteur central dans la coordination des positions sous régionales. En intervenant le 23 février dernier, lors de l’atelier national préparatoire, elle ne se limite pas à un rôle protocolaire : elle structure les positions camerounaises pour aligner les intérêts nationaux avec ceux de la sous-région.

Selon le Pr Théodore Mbarga, enseignant-chercheur à l’Université de Yaoundé II, « la CEMAC permet d’éviter que chaque État membre arrive isolé aux négociations, ce qui affaiblit historiquement la voix de l’Afrique centrale. La coordination est cruciale pour défendre les industries locales et sécuriser les recettes publiques ».

Pour le Cameroun, qui pèse économiquement dans la sous-région, l’accompagnement de la CEMAC est stratégique. « Elle joue un rôle de traducteur entre les exigences techniques de l’OMC et la réalité économique locale », note Christine Tchatchoua. Selon cette analyste économique, cette médiation est essentielle pour que les décisions multilatérales restent compatibles avec les ambitions d’industrialisation et de transformation locale.

L’implication de la CEMAC dépasse le cadre camerounais : elle illustre une volonté de diplomatie économique régionale. En coordonnant les États membres, elle cherche à renforcer la crédibilité de la sous-région dans un environnement commercial mondial en recomposition rapide. Comme le rappelle David Ngatchou, ingénieur financier camerounais, « la crédibilité de la CEMAC dépendra de sa capacité à assurer le suivi des engagements et à maintenir la discipline collective ».

En filigrane, cette démarche confirme un tournant : l’organisation ne se contente plus de coordination formelle, elle cherche à peser concrètement sur l’agenda commercial mondial. Pour l’Afrique centrale, l’enjeu est clair : transformer la présence à l’OMC en levier tangible de développement partagé.

Rémy Biniou

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