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Budgets captés, menaces internes, guerre des bureaux…a Minproff démantèle un nid de serpents

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Au Palais des congrès de Yaoundé, la conférence annuelle du MINPROFF a viré au règlement de comptes public lorsque la Pr MarieThérèse Abena Ondoa a dénoncé, devant ses responsables, l’accaparement des ressources et les menaces entre collègues, révélant au grand jour les failles d’une administration censée protéger les plus vulnérables.

Une attitude du Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa lors de la clôture de la conférence annuelle

Au Palais d e s congrès de Yaoundé, les 23 et 24 avril 2026, le vernis protocolaire n’a pas suffi à masquer la nervosité du moment. Sous les ors de la salle, la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et des unités techniques spécialisées du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) s’est ouverte sur un thème grave : « Renforcer l’autonomisation des femmes et des familles dans un contexte marqué par des fléaux sociaux émergents ». Un intitulé aux accents institutionnels, mais dont la réalité a finalement pris la forme d’un réquisitoire musclé. Car la ministre, Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa, n’a pas seulement choisi la langue feutrée des bilans administratifs. Elle a également haussé le ton. Face à ses collaborateurs, la patronne du MINPROFF a dénoncé, sans détour, des pratiques qui, selon elle, minent de l’intérieur l’action publique. « Il m’a été rapporté que certains d’entre vous s’accaparent totalement les ressources allouées au fonctionnement optimal de leurs unités, obligeant leurs collaborateurs à la débrouillardise. D’autres promettent même le pire à leurs collègues », a-t-elle lancé, dans une salle soudain figée. La formule claque comme une gifle. Elle dit moins une simple remontrance qu’une crise de gouvernance.

Derrière les mots, c’est toute une mécanique administrative qui apparaît grippée : budgets captés, moyens raréfiés à la base, agents livrés à eux-mêmes, climat de travail empoisonné par les menaces et les rapports de force. Au ministère chargé de porter les politiques d’autonomisation des femmes, l’alerte résonne avec une ironie cruelle : comment promouvoir l’émancipation sociale quand, en interne, prospèrent des Dans les couloirs, plusieurs participants reconnaissent, à voix basse, la portée exceptionnelle de cette sortie. Rarement un membre du gouvernement aura ainsi exposé, devant ses propres troupes, les dérives supposées de certains responsables. Cette franchise brutale traduit sans doute l’ampleur des dysfonctionnements observés sur le terrain, à l’heure où les fléaux sociaux émergents (violences familiales, précarité économique, décrochage des jeunes filles, cyber harcèlement…) exigent au contraire une administration resserrée et efficace. Au-delà du coup de semonce, la conférence prend alors des allures de mise au point politique. Le message est limpide : les ressources publiques ne sauraient être traitées comme des prébendes privées.

Dans un contexte budgétaire contraint, chaque détournement de finalité, chaque abus hiérarchique afSOUS LE SOL, L’OR.. faiblit la capacité du ministère à répondre aux urgences sociales. À Yaoundé, derrière le cérémonial, c’est donc une bataille pour la crédibilité de l’institution qui s’est jouée. Et, en creux, une question demeure : après la parole forte, viendra-t-il le temps des sanctions ? Car audelà de l’effet de tribune, les agentes et agents attendent désormais des actes. Audit interne, redéploiement des crédits, contrôle des dépenses, mécanismes de plainte sécurisés : autant de chantiers qui pourraient transformer cette colère ministérielle en réforme durable. Pour nombre d’observateurs, la crédibilité du MINPROFF se jouera moins dans les résolutions finales que dans la capacité à restaurer une chaîne de responsabilité claire, du niveau central jusqu’aux services déconcentrés. À l’heure où les familles camerounaises affrontent pauvreté, violences et fragilités nouvelles, l’État est sommé d’être exemplaire. Le signal est désormais donné !

Ongoung Zong Bella

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