À Yaoundé, en début de semaine dernière, le siège de l’institution a pris des airs de salle de classe où l’on n’apprend ni la géométrie ni la dictée, mais l’art, autrement plus urgent, de dialoguer avec le ciel.

Pendant deux jours, les personnels des communes venus des quatre coins du pays sont réunis pour une formation consacrée à la mise en œuvre du « guichet climat », cette initiative pensée pour aider les collectivités à mieux répondre aux secousses d’un monde qui chauffe, déborde, souffle et parfois gronde. Dans la grande salle, les mots ont eu le sérieux des saisons qui changent. Ouvrant les travaux, le directeur général du FEICOM, Philippe Camille Akoa, a rappelé aux participants une évidence devenue presque une injonction : le changement climatique n’est plus une hypothèse de laboratoire, mais une réalité qui frappe les vies, les récoltes, les routes et les budgets communaux. Il a insisté sur la nécessité, pour les communes, de s’approprier les outils techniques et financiers mis à leur disposition afin d’anticiper les inondations, les glissements de terrain et les autres caprices d’une météo qui semble parfois avoir perdu le mode d’emploi.
Dans son propos, le DG a défendu une vision presque poétique de l’action publique : faire des communes les premiers remparts contre les colères du climat. « Il ne s’agit plus seulement de construire, mais de construire juste ; il ne s’agit plus seulement d’administrer, mais de protéger », a résumé, en substance, Philippe Camille Akoa, dont le plaidoyer pour des territoires plus résilients a trouvé un écho particulier auprès des techniciens présents.
Le FEICOM n’en est d’ailleurs pas à son premier pas sur ce sentier vert. L’institution, déjà engagée dans plusieurs mécanismes de financement local, a récemment multiplié les initiatives en faveur de la résilience climatique et de la coopération avec les organismes spécialisés.
Et puisque même la poésie administrative a parfois besoin d’un sourire, l’on dira qu’à Yaoundé, le thermomètre a trouvé ses plus sérieux contradicteurs : des cadres communaux armés non de parapluies, mais de tableaux de bord, de plans d’adaptation et de feuilles de route. Face à la pluie, ils opposent des projets ; face à la sécheresse, des stratégies ; face aux vents, des budgets. En clair, cette formation ressemble à une promesse : celle d’un Cameroun local qui refuse de subir les humeurs du climat comme on subirait une mauvaise blague de saison. Ici, l’humour se glisse dans cette idée tendre qu’un dossier bien monté peut parfois tenir tête à un nuage mal intentionné.
Entre gravité et espérance, le FEICOM rappelle ainsi que l’avenir des communes se joue aussi dans leur capacité à écouter le murmure de la terre, le grondement des eaux et les avertissements du ciel. Deux jours pour apprendre à lire les signes du temps pour en écrire une réponse durable.
Bobo Ousmanou






