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Infrastructures routières : fin annoncée de la politique du «réparer quand tout s’écroule »

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Ambiance sur un chantier d'entretien routier

Le MINTP opère un virage stratégique vers une maintenance préventive des infrastructures routières, misant désormais sur l’anticipation et le diagnostic pour éviter que les routes ne continuent de parler en creux, à coups de nids-de-poule et de bitume fatigué.

Ambiance sur un chantier d’entretien routier

Le Cameroun a décidé de murmurer à ses routes avant qu’elles ne crient. Sous les palabres feutrées d’un atelier tenu le 14 avril 2026, l’entretien routier a changé de costume : fini le pansement posé dans la poussière après la pluie, place à la médecine préventive des bitumes fatigués. Autour de la table, les experts, partenaires techniques et financiers, et administrations sectorielles ont observé les routes comme on observe un patient fiévreux. Le ministre des Travaux publics (MINTP), Emmanuel Nganou Djoumessi, a donné le ton : désormais, la route ne sera plus surprise en flagrant délit de dégradation, elle sera suivie, auscultée, presque chuchotée.
Trois mots-clés ont dansé comme des griots modernes : diagnostic, anticipation, prévention. Une sorte de trinité technique qui remplace les urgences chroniques par une sagesse planifiée.

Les ingénieurs, eux, ont souri : enfin, on demande aux routes de prévenir leurs crises d’humeur. Dans les couloirs, on raconte déjà que les nids-de-poule devront désormais prendre rendez-vous avant d’apparaître, et que les fissures seront mises sous surveillance rapprochée, comme des enfants turbulents mais prometteurs. Le chef de l’État, Paul Biya, est cité comme le grand architecte de l’extension continue du réseau routier national, vaste toile d’asphalte qui relie les espoirs et les horizons. Mais une toile, aussi belle soit-elle, doit être entretenue si l’on ne veut pas qu’elle se transforme en patchwork de regrets.

Ainsi, le pays passe d’une logique de pompier à une logique de jardinier : on n’éteint plus seulement les incendies, on taille, on arrose, on prévoit les saisons. Les routes deviennent des poèmes qu’on relit avant que les fautes d’orthographe n’envahissent les lignes. Et dans ce changement de cap, une promesse flotte : des routes moins fatiguées, des budgets mieux respirant, et des usagers qui ne confondront plus voyage et parcours du combattant.
Mais déjà, sur les axes poussiéreux, une philosophie s’installe. On ne court plus derrière la route ; on lui parle, on l’écoute, on la soigne avant qu’elle ne s’effondre en drame routier. Les anciens diront que c’est du luxe, les ingénieurs diront que c’est du bon sens gravier compacté. La route continue son voyage silencieux, rêvant d’un pays où les nids-de-poule ne seraient plus des embuscades mais de simples souvenirs. Et si l’asphalte avait une mémoire, il raconterait ce jour où l’on a décidé de penser à demain avant que demain ne devienne un trou du présent …

Jean René Meva’a Amougou

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