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Paludisme : les enfants continuent de payer le prix fort

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En 2025, près de 930 gamins de moins de cinq ans ont succombé à la maladie, révélant les failles persistantes d’un système de lutte encore inégal face à l’urgence sanitaire.

Au Cameroun, le paludisme continue de faucher des vies, en particulier celles des plus vulnérables. Selon les données du Programme national de lutte contre le paludisme, environ 930 enfants de moins de cinq ans ont perdu la vie en 2025, sur un total de 1 274 décès enregistrés à l’échelle nationale. Derrière ces chiffres, une réalité persistante : la maladie reste l’une des premières causes de mortalité infantile dans le pays.

Les régions septentrionales apparaissent comme les plus touchées, en raison de facteurs combinés : conditions climatiques favorables à la prolifération des moustiques, accès limité aux structures de santé et précarité socio-économique. À cela s’ajoute une couverture encore insuffisante des outils de prévention, notamment les moustiquaires imprégnées et les traitements préventifs chez les femmes enceintes.

D’un point de vue épidémiologique, ces chiffres traduisent un paradoxe. Le Cameroun dispose pourtant d’un arsenal de lutte reconnu : campagnes de distribution de moustiquaires, protocoles de prise en charge standardisés, et partenaires techniques mobilisés. Mais l’efficacité de ces dispositifs reste inégale sur le terrain. Le problème n’est plus seulement médical, il est structurel.

Pour de nombreux experts en santé publique, la question centrale réside dans la continuité des interventions. « La lutte contre le paludisme ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans la durée, avec un financement stable et une appropriation communautaire réelle », souligne un spécialiste du secteur. Autrement dit, distribuer des moustiquaires ne suffit pas ; encore faut-il qu’elles soient utilisées correctement et durablement.

Autre défi majeur : le recours tardif aux soins. Dans plusieurs localités, les familles consultent encore à un stade avancé de la maladie, réduisant considérablement les chances de survie des enfants. Ce retard s’explique par des obstacles financiers, mais aussi par des perceptions culturelles et un déficit d’information.

Face à cette situation, les analystes plaident pour une approche plus intégrée. Il s’agit non seulement de renforcer les systèmes de santé locaux, mais aussi d’investir dans l’éducation sanitaire, l’amélioration de l’environnement et la lutte contre la pauvreté. Car le paludisme prospère là où les conditions de vie sont fragiles.

Au final, la persistance d’un tel niveau de mortalité infantile interpelle. Elle rappelle que, malgré les progrès, le combat contre le paludisme reste inachevé. Et que derrière chaque statistique, il y a une vie, une famille, et un avenir interrompu.

Bobo Ousmanou

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